COMITE VALMY

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Les burkinis de Grenoble :
un enjeu de pouvoir
par Karine Bechet-Golovko

mardi 25 juin 2019, par Comité Valmy


Les burkinis de Grenoble : un enjeu de pouvoir

Depuis dimanche, chacun semble surpris de découvrir l’opération burkini à la piscine municipale de Grenoble. Pourtant ce n’est pas la première et la montée intégriste sous le slogan de la "liberté des femmes" - à s’enfermer - cache difficilement la faiblesse des structures républicaines. Entre clientélisme et boboïsation de la société, l’enjeu n’est pas religieux, c’est un enjeu de pouvoir.

Dimanche après-midi, malgré l’interdiction et justement pour violer impunément la réglementation locale, des femmes en burkini sont démonstrativement venues se baigner dans la piscine municipale de Grenoble, devant des médias conviés pour l’occasion. Le fondement de leur revendication est assez contradictoire. Une fois, elles affirment  :

agir « sans aucune conviction religieuse », mais pour défendre la « liberté de toutes les femmes »

Une autre fois, il s’agit de liberté de religion :

Pour autant, l’on peut sérieusement douter qu’il s’agisse de religion. Il s’agit bien de politique, c’est-à-dire de l’organisation de la société. Il s’agit bien de pouvoir, c’est-à-dire de la source qui déterminera cette organisation de la société.

Ces femmes ne sont pas arrivées toutes seules, comme ça, avec leurs enfants, dans la piscine, un beau jour parce qu’elles ont décidé d’aller se baigner. Elles sont venues avec l’association Alliance citoyenne de l’agglomération grenobloise, qui n’en est pas à son coup d’essai.

Pour voir en détail la montée de l’influence islamiste à Grenoble et les liens de cette association avec les milieux radicaux, lire cet excellent article de N. Bestandji publié sur Atlantico ici. Le mode de récupération et de monopolisation de la représentation est simple :


Ainsi, dans chacune de leurs actions, ces intégristes se présentent d’abord comme de simples musulmanes. Les autres, les "impudiques" qui se promènent sans voile et se baignent en maillot de bain, seraient moins musulmanes ou ne le seraient même pas du tout. Cela fait des islamistes les porte-paroles de toutes les musulmanes. Une musulmane étant ainsi identifiée au voile et à l’extrémisme qui l’accompagne. Voilà comment effrayer la société pour ensuite se plaindre que les citoyens ont peur de l’islam, ce qui nourrit la victimisation permanente des islamistes… C’est un cercle "vertueux". La presse, sans aucun esprit critique, reprend cela. Exemple avec le journal Libération : "Le collectif Alliance citoyenne, qui milite pour les droits civiques des femmes musulmanes (…)" (8). Cette volonté de faire croire qu’elles sont de simples musulmanes et de prétendre qu’elles se battent pour "les femmes musulmanes" est un classique chez les islamistes.

Donc, le voile - et le burkini - sont des éléments de la "liberté" de ces femmes, les "bonnes" musulmanes, il est donc incroyable que la République française limite leur liberté. Le schéma de l’inversion des valeurs est ici posé.

Cette association se présente, dans cette logique, en défenderesse du droit des femmes à porter le voile, le burkini, à être "de bonnes musulmanes". Elle s’auto-appelle les "Rosa Parks musulmanes" :

Auto-surnommées les « Rosa Parks musulmanes », du nom de cette femme afro-américaine devenue icône qui a refusé de céder sa place dans un bus à un homme blanc en 1955, ces femmes entendent « désobéir pour le droit de se baigner couvertes ».

Et les lois de la République, qui défendent la liberté des femmes, celle de ne pas être emprisonnées dans des vêtements, comme des prisons portables, la liberté des femmes de ne pas dépendre de la volonté souveraine de leur père ou de leur mari, sont montrées du doigt comme étant ségrégationnistes. Ce ne sont plus ces règles pseudo-religieuses liberticides pour les femmes qui sont montrées du doigt, mais les lois de la République qui les condamnent.

L’association grenobloise a organisé plusieurs "évènements", une marche pour le voile, une baignade avec burkini ; etc. Une rencontre en mai avec la mairie de Grenoble a eu lieu et n’a pas débouché sur la reconnaissance, comme à Rennes, du droit de porter le burkini dans la piscine municipale. Donc, une autre opération vient d’être réalisée. La pression doit continuer, s’amplifier.

Et les féministes "MeToo" et autres ashtaguées sont totalement absentes du débat. Discrètes, soutenant en fait, contre leurs aînées qui brûlaient leur soutien-gorge, les prisons vestimentaires.

Les règles de la République doivent céder devant les particularismes, c’est une question de principe. C’est une question de pouvoir. Et la faible capacité de résistance de nos institutions, la stigmatisation de la critique dans le discours ambiant, la trahison des "élites", le conformisme confortable d’une grande partie de la population, nous conduisent à notre perte. L’organisation d’une société est une question de symboles, ceux-ci sont en train de changer de mains.

Karine Bechet-Golovko
lundi 24 juin 2019

Russie politics


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