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L’ennemi commun des peuples

Comment John Bolton
contrôle l’administration et Donald Trump
Par Moon of Alabama

samedi 22 juin 2019, par Comité Valmy


Comment John Bolton contrôle
l’administration et Donald Trump

Le blog de Jeff Bezos, le Washington Post, présente quelques éléments sur la discussion et les luttes intestines dans l’administration Trump au sujet de la marche vers la guerre contre l’Iran. L’article débute par l’annonce d’une nouvelle ligne rouge proposée par l’administration Trump :


Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a adressé en privé des avertissements aux dirigeants iraniens leur indiquant que toute attaque, par Téhéran ou un de ses mandataires, entraînant la mort d’un militaire, même un membre des services américains [sous-traitant], provoquerait une contre-attaque militaire, ont déclaré des responsables américains. ...



Bien que de telles attaques soient courantes pendant la guerre en Irak, Pompeo a déclaré aux dirigeants irakiens, dans un message qui serait transmis à Téhéran, qu’un seul décès américain inciterait les États-Unis à riposter.

Cet avertissement a été envoyé en mai lors de la visite de Pompeo à Bagdad. La question pourrait bientôt devenir critique. Au cours des derniers jours, des tirs de roquettes ont eu lieu en Irak contre des cibles où du personnel américain est présent. Le correspondant de l’AFP à Bagdad en a répertorié six :

Maya Gebeily - @GebeilyM - 10h20 UTC - 19 juin 2019

Chronologie des attaques contre les intérêts américains en #Iraq. Vendredi : Les mortiers ont touché la base de Balad, où des troupes américaines sont basées Samedi : Des projectiles frappent l’aéroport militaire de #Baghdad Lundi : Roquettes sur Taji, où des forces de la coalition sont basées Mardi : Obus de mortiers sur le QG des opérations à #Mosul Mercredi : Roquettes contre des logement utilisés par les IOC près de #Basra

#IRAQ : @AFP apprend qu’il y a eu au moins * deux * attaques contre des intérêts pétroliers américains à #Basra au cours des dernières 24 heures - ExxonMobil + Baker Hughes, une société de GE. Leurs cadres supérieurs sont en cours d’évacuation.

Certaines de ces attaques ont eu lieu dans des régions où des groupes clandestins d’État islamique sont toujours actifs. Les armes utilisées étaient improvisées et imprécises.

Cela montre à quel point la ligne rouge de Pompeo est stupide. Il attaquerait l’Iran si une roquette égarée tue par hasard un soldat américain ? C’est débile.

Retour à l’article du WaPo :


S’exprimant lors d’une visite au siège du commandement central américain à Tampa mardi, M. Pompeo a déclaré que M. Trump "ne veut pas la guerre", mais a souligné que les États-Unis agiraient s’ils étaient agressés. "Nous sommes là pour dissuader l’agression", a-t-il déclaré.

Les États-Unis ont violé l’accord nucléaire et mènent une guerre économique contre l’Iran. C’est l’agression qui a déclenché le conflit. Tout ce qui en découle a été causé par l’administration Trump.

Le colonel Pat Lang pense que Pompeo était à Tampa pour amener l’armée à s’aligner sur sa politique d’agression :


Le vieux premier de sa classe est à Tampaland aujourd’hui pour encenser les dirigeants du CENTCOM (Mideast) et du SOCOM (commandos de durs à cuire dans le monde entier). Pourquoi est-il là ? Le secrétaire d’État n’a aucun rôle constitutionnel ou juridique dans les relations avec les forces armées. Ceci étant le cas, on ne peut que penser que le commandement supérieur recule devant la perspective d’une guerre avec l’Iran et que Trump a été convaincu de laisser Pompéo faire cette visite sans précédent pour tenter sa chance ou les amener à obéir par la menace.

Le WaPo encore :


Le départ soudain de Patrick Shanahan, qui remplit les fonctions de secrétaire à la Défense par intérim depuis janvier, pourrait ultérieurement mettre sur la touche le Pentagone, qui a milité pour réduire les risques d’hostilités. Le retrait de Shanahan faisait suite à la révélation d’une dispute conjugale complexe.

Le « différend domestique compliqué » n’est pas compliqué du tout et l’affaire est incontestée. Après plusieurs années, l’ex-femme de Shanahan est devenue folle et l’a agressé physiquement, ainsi que leurs enfants. Finalement, l’un des enfants se rebiffa avec une batte de baseball. Au tribunal, Shanahan a plaidé en faveur d’une punition légère pour l’enfant. Tous les enfants, pour la plupart adultes maintenant, sont de son coté et ne veulent plus voir leur mère. Tout cela a été documenté par la police et par les tribunaux. Shanahan n’est coupable de rien dans ce cas. Ce n’était pas une raison pour démissionner.

Pat Lang croit que la véritable raison était le voyage de Pompeo à Tampa :


Shanahan s’est retiré aujourd’hui du processus de confirmation au Sénat.
Selon moi, il l’a fait parce que Trump a laissé Pompeo contourner son autorité.

Le WaPo a déclaré que le Pentagone était le dernier à résister à la politique d’agression anti-iranienne :


Le Pentagone est particulièrement inquiet face à l’escalade. L’absence d’un secrétaire confirmé a fait craindre que les faucons de la Maison Blanche et du Département d’État ne poussent l’armée à dépasser sa mission spécifique de destruction des vestiges de l’État islamique en Irak et en Syrie, augmentant le potentiel de conflit avec l’Iran.


Il a été rapporté à plusieurs reprises et par différents médias que Trump était quelque peu protégé des opinions opposées à la guerre dans son administration. Il ne voit et n’entend que Fox News, Bibi Netanyahu et John Bolton. L’article du WaPo confirme à nouveau que : Des responsables de l’administration, interrogés par le Washington Post, ont déclaré que le conseiller à la sécurité nationale, John Bolton, avait pris le contrôle de la politique iranienne, gardant un pouvoir absolu sur les informations transmises au président et réduisant considérablement le nombre d’occasions au cours desquelles de hauts responsables se réunissaient dans la salle de la Maison Blanche pour discuter de cette politique. ...



L’intensification de la campagne de "pression maximale" [sur l’Iran] a déclenché une crise interne sur la meilleure façon d’exécuter les ordres du président. Ce printemps, au Département d’État, les responsables se sont disputés sur le fait qu’il était difficile de contraindre l’Iran par des sanctions, favorisant ainsi l’approche la plus brutale possible. En particulier, les opposants à la Maison-Blanche ont abrogé des dérogations qui auraient permis à l’Iran de continuer à vendre du pétrole après la date limite du 1er mai. Les collaborateurs de la Maison Blanche ont également mis fin aux dérogations qui permettaient à l’Iran d’échanger son uranium enrichi contre de l’uranium naturel, partie intégrante de l’accord sur le nucléaire. ...



Alors que les responsables du département d’État cherchaient à créer une « situation idéale » qui affaiblirait l’Iran par des sanctions sans pour autant le pousser à se retirer de l’accord nucléaire, d’autres ont affirmé que l’objectif de Trump était de détruire à tout prix l’accord et de pratiquer une politique générale cherchant à paralyser les forces alliées iraniennes dans la région.



Des représentants du Pentagone et du Département d’État se sont toutefois plaints de la difficulté d’obtenir une discussion adéquate pour ces sujets sous Bolton. En conséquence, les arguments concernant la politique ne sont souvent pas diffusés et ne parviennent pas au président. Le processus est « très exclusif et Bolton sait jouer des coudes », a déclaré le haut responsable de l’administration. ...



Au Pentagone, les autorités ont discrètement exprimé depuis des mois leur inquiétude de voir la trajectoire actuelle faire du conflit militaire une prophétie auto-réalisatrice. ...



Une personne familière avec les discussions récentes a déclaré que les responsables du Pentagone, y compris Shanahan, étaient « ceux qui ont freiné » le Département d’État et la Maison-Blanche. « Le Ministère de la défense ne bat pas les tambours de guerre », a déclaré la personne.

On peut chicaner avec ça. C’est le commandement militaire régional qui demande toujours plus de troupes. Plus de navires et plus de troupes augmentent les risques d’accidents et rendent la guerre plus probable. C’est pourquoi John Bolton utilise chaque petit incident pour envoyer plus de troupes au Moyen-Orient :


"Le président veut-il envoyer plus de troupes ? Non. Est-ce qu’il sera poussé à le faire ? Oui", a déclaré le haut responsable de l’administration.



Trump, contrairement à certains de ses conseillers, a semblé minimiser l’importance des actes de l’Iran. Dans une interview publiée mardi par le magazine Time, il a déclaré que les récentes attaques de pétroliers étaient "très mineures".

Trump est président. Il a embauché ces personnes et il est responsable de c

e qu’elles font. Mais sait-il ce qu’elles font ?

Il y a deux possibilités.

Trump veut une guerre avec l’Iran et ce que nous voyons est la stratégie éculée du bon et du mauvais flic, dans laquelle Trump joue le rôle du bon vis à vis de ses électeurs, jusqu’à ce qu’un « incident grave » survienne qui lui permette d’affirmer qu’il n’a d’autre choix que de « riposter » en Iran. L’autre scénario est que Trump est un imbécile et que les faucons de guerre l’utilisent comme outil pour mettre en œuvre leurs politiques préférées.

L’ancien agent du MI6, Alastair Crooke, dit que le second scénario est le bon :


Le consensus pour « pas de conflit » peut malheureusement s’avérer excessivement optimiste. Ce n’est pas parce que Trump désirerait consciemment la guerre, mais parce que les faucons qui l’entourent, en particulier Bolton, l’acculent dans un coin du ring, où il ne peut que reculer, ou doubler la mise, si l’Iran ne capitule pas d’abord.



Et voici le point d’orgue : la principale fausse idée de Trump est peut-être qu’il croit que l’Iran veut et, en fin de compte, "cherchera un accord".

Crooke décrit comment Bolton, et Netanyahu derrière lui, déjouent les services de renseignement américains sur l’Iran. Ils fournissent « des renseignements » au président et aux médias, à l’instar de l’équipe du vice-président de l’époque, Dick Cheney, à la veille de la guerre en Irak :


Au Conseil national de sécurité, Bolton préside les réunions stratégiques régulières et fréquentes avec Israël - destinées à élaborer un plan d’action commun contre l’Iran. Cela signifie que les évaluations des services de renseignement israéliens sont transmises directement à Bolton (et donc à Trump), sans passer par les services de renseignement américains pour évaluation ou commentaire sur la crédibilité des renseignements présentés (une nuance avec le comportement de Cheney qui confrontait les analystes à Langley). Et Bolton représentera aussi Trump au "sommet sur la sécurité" qui se tiendra plus tard ce mois-ci à Jérusalem avec la Russie et Israël. Oui, Bolton a vraiment toutes les rênes entre ses mains : c’est « M. Iran ».

« M. Anti-Iran » serait un sobriquet plus précis. Ou on peut aussi tout simplement l’appeler président Bolton.

Moon of Alabama
Le 19 juin 2019

Traduction le Saker Francophone


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