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Environnement

Julien Aubert : "Comme le montre le fiasco financier des éoliennes, nous avons besoin de moins de vert et plus d’écologie" - Avec Julien Aubert

mercredi 12 juin 2019, par Comité Valmy


Julien Aubert : "Comme le montre
le fiasco financier des éoliennes, nous avons
besoin de moins de vert et plus d’écologie"

Le député du Vaucluse publie un rapport qui
démontre que l’éolien coûte plus que le nucléaire.

Atlantico.fr : Vous publiez un rapport très critique sur l’éolien, dont vous critiquez l’efficacité économique des dépenses allouées par l’État à ce type d’énergies renouvelables. À quel point l’éolien coûte-t-il trop cher aujourd’hui aux Français ?

Julien Aubert : Le rapport en question se concentre uniquement sur le coût économique de l’éolien, plus exactement le coût du subventionnement à l’éolien (terrestre et maritime) qui passe soit par des appels d’offre (mise en compétition pour acheter des prix au moins cher), soit par les tarifs de rachat (acheter son électricité à un certain prix). Depuis dix-quinze ans générale, nous avons déjà dépensé neuf milliards d’euros pour produire quelques pourcents d’électricité et nous avons déjà engagé environ quarante milliards d’euros qui se décomposent entre le terrestre et le maritime. Les engagements futurs porteront, avec les engagements présents, à un coût total évalué entre soixante-dix et quatre-vingt milliards. Un élément de comparaison : le parc nucléaire historique a coûté quatre-vingt milliards d’euros (en euros 2019). Cela veut dire que pour produire soixante-quinze pourcents de l’électricité pendant quarante ans, nous avons donc dépensé autant que pendant vingt ans pour produire trois fois moins. Cependant, cela n’a pas d’influence sur la lutte contre les gaz à effet de serre. On va donc dépenser entre 70 et 90 milliards pour n’avoir aucun résultat sur le réchauffement climatique.

Même écologiquement, l’éolien n’est pas à la hauteur. Quels sont ses principaux défauts sur ce point ?

La thématique du réchauffement climatique a été portée par les écologistes qui ont réussi à faire croire aux gens que c’était la priorité, mais en réalité leur véritable agenda n’est pas l’avenir de la planète mais la dénucléarisation. En voici une preuve : lors de l’audition d’hier où j’ai présenté au Ministre de Rugy les chiffres, ce dernier m’a immédiatement attaqué, non pas pour contester les chiffres de l’éolien, mais pour dire que le nucléaire était beaucoup plus cher. Prenons le au mot : en incluant le démantèlement des centrales etc., on ajoute trente milliards d’euros : la somme s’élève à 135 milliards d’euros pour 75% pendant 40 ans, contre les 80 milliards d’euros pour 15% pendant vingt ans. Par année, ca fait 45 millions le % de nucléaire contre 266 millions pour l’éolien !

La seule manière d’augmenter le potentiel électrique des éoliennes terrestre, ce serait d’avoir des moteurs plus gros etc... Donc des mats plus hauts... Cela ne sera pas accepté. Surtout, on prend un risque majeur : on nous affirme les yeux dans les yeux qu’il est possible de gérer sur le réseau cet afflux d’électricité intermittente, ce qui n’est pas vrai. Il y a eu des passages l’an dernier où, faute de vents dans l’Europe en général, on a eu un manque subit d’électricité que les centrales nucléaires françaises arrivent à compenser car elles sont pilotables. En diminuant les nucléaires on diminue la capacité de pilotage européenne et en cas de black-out, cela nous coûtera des milliards d’euros.

Quand on produit trop d’éolien, on est même contraint parfois de payer les gens pour qu’ils en achètent, ce qui fait qu’il y a des coûts cachés. Sans parler des cadeaux faits aux promoteurs, dans le cadre de la renégociation du parc éolien en mers. On a triomphé en expliquant aux gens qu’on avait a baissé le prix d’achat. Ce qu’on n’a pas dit aux Français, c’est qu’on avait consenti dans le même temps à payer sur les fonds publics les raccordements de ces éoliennes en mer. Les prix ont baissé mais les coûts du réseau ont compensé. Tout ceci se retrouve dans la facture d’électricité qui a bondi de 40% en dix ans à cause du financement des énergies renouvelables, et désormais depuis 2016 à la pompe. De plus, quand on est forcément subventionné, lorsqu’il y a une très forte production intermittente, les prix baissent et cela tue les industries non-subventionnées et fragilise celui qui est le moteur du circuit : le nucléaire. Qui plus est, le gouvernement veut mettre en concurrence les barrages hydro-électriques : il se trouve que ces barrages nous servent pour redémarrer le parc électrique en cas de black out. Que le secteur privé s’occupe de cela est un vrai problème.

Comment proposer une vision plus pragmatique de l’énergie aujourd’hui sans oublier les impératifs environnementaux ?

Dans le cadre de mon mouvement, je publierai un livret à l’automne sur une autre vision de l’écologie qui répondra plus amplement à cette question. Il devrait y avoir un moratoire sur l’éolien terrestre, quand on considère les coûts. On devrait aussi plafonner le soutien aux énergies renouvelables et voter tous les ans au parlement ce plafond d’aide. Sur l’éolien, j’ai eu des réponses pitoyables du ministre de l’écologie : je lui ai montré qu’il avait renégocié un contrat à deux cent et quelques euros du mégawatt/heure pour les 6 premiers parcs. Je lui ai dit que, six mois plus tard sur le parc de Dunkerque, les chiffres sortent à cinquante euros et qu’il s’est donc fait avoir. Premièrement, il n’a pas cru le chiffre des Échos ; deuxièmement, il prétend que les marchés ne sont pas comparables parce que ce ne sont pas les mêmes zones. Dans ce cas là, mieux valait tout construire là où c’est le moins cher ! Cet argument ne tient pas : il a simplement subventionné l’industrie éolienne.

Valérie Pécresse déclarait dans son annonce de départ qu’il fallait une "écologie positive". Peut-on considérer que l’écologie soit un vrai sujet sur lequel peuvent se fonder les Républicains ?

Valérie Pécresse avait affirmé qu’elle ne voulait pas de nucléaire en Ile-de-France mais semble oublier que le nucléaire permet d’électrifier sa région. Il faut moins de vert et plus d’écologie.

Le 24 juin j’organiserai à l’Assemblée Nationale un colloque avec des personnes qui travaillent sur ce sujet-là, en prévision du livret publié à l’automne.

08 juin 2019


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