COMITE VALMY

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Syrie : du nouveau à Idlib…
Par Moon of Alabama

jeudi 9 mai 2019, par Comité Valmy


Le général Souheïl al-Hassan, commandant des « Forces du Tigre », unité d’élite de l’armée syrienne

Syrie : du nouveau à Idlib…

…les forces aériennes russes et syriennes préparent
le terrain pour une attaque contre la province d’Idlib

Au cours des derniers mois, la situation militaire dans l’ouest de la Syrie a été plus ou moins stable. C’est sur le point de changer.

Bien que cette carte date d’août 2018, elle est encore généralement assez précise. La province d’Idlib et certaines parties au nord de Hama sont sous le contrôle des forces « rebelles » dirigées par Hayat Tahrir al-Sham (HTS), un groupe terroriste aligné sur Al-Qaïda.

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Un accord conclu en septembre 2018 entre la Russie et la Turquie stipulait que la Turquie contrôlerait les « rebelles » d’Idlib. Une zone démilitarisée de 20 km de large devait être créée le long de la ligne de démarcation. Toutes les armes lourdes devaient être retirées de la zone. Les autoroutes M4 et M5 devaient être ouvertes au trafic.

Rien de tout cela n’est arrivé. La Turquie a établi des postes d’observation le long de la ligne de démarcation, mais ceux-ci n’ont eu aucun effet. Au lieu de cela, HTS a intégré de plus en plus de groupes de « l’Armée syrienne libre » soutenus par la Turquie. L’organisation a acquis de nouvelles armes et équipements et a intensifié sa formation.

Au cours des derniers mois, ils sont devenus plus actifs. Des mortiers et des missiles ont été tirés sur la ville d’Alep. Des unités de commandos ont franchi la ligne de démarcation, attaqué les postes de garde de l’armée syrienne et causé de nombreuses pertes. Des drones ont été pilotés depuis Idlib contre la base russe de Hmeimim. Des volées de missiles ont été lancées contre la base.

Le gouvernement syrien a longtemps exigé de finalement attaquer à Idlib, mais la Russie l’a retenu. La Turquie risquait de prendre prétexte d’une attaque sur Idlib pour revenir du côté américain. Ce risque est maintenant beaucoup moins important, les États-Unis devenant de plus en plus hostiles à leur allié de l’OTAN.

Il y a deux semaines, après que HTS eut tiré la dernier volée de missiles sur Hmeimim, des avions à réaction russes ont commencé à frapper des positions de HTS dans le gouvernorat d’Idlib avec des centaines de frappes de bombes. De plus, les services de renseignements russes ont annoncé que HTS se préparait à lancer une vaste attaque contre la ville de Hama plus au sud. La Russie a utilisé de nouveaux avions de combat et bombardiers pour renforcer ses capacités de mobilisation. L’armée de l’air syrienne et son artillerie ont également réagi. Il est vite devenu évident que ces attaques n’étaient pas seulement des actes de représailles, mais des préparatifs en vue d’une campagne plus vaste.

La Turquie a reconnu qu’elle ne pouvait plus rien faire pour empêcher une attaque sur Idlib. Dans un mouvement désespéré, elle tente au moins de remplir l’un de ses anciens objectifs  : capturer la ville de Tal Rifaat et la base aérienne de Menagh au nord d’Alep. Celles-ci se trouvent dans la zone kurde jaune en haut de la carte. Mais les défenseurs étaient préparés. Lorsque des « rebelles » alignés sur les turcs sous le commandement d’officiers turcs ont attaqué leurs positions, ils se sont retirés. Les Turcs ont avancé et se sont soudainement retrouvés dans un champ de mines et sous l’attaque de l’artillerie. Ils avaient été piégés. Après que plusieurs hommes aient été tués et blessés, les forces turques ont dû se retirer et l’armée syrienne et les unités kurdes ont pu reprendre leurs anciennes positions. En parallèle, l’artillerie syrienne a tiré sur l’un des avant-postes turcs du gouvernorat d’Idlib. Quatre soldats turcs ont été blessés et évacués.

Aujourd’hui, l’armée syrienne a lancé une attaque dans le sud de la poche et a capturé plusieurs positions de « rebelles ». Il y a des signes qu’une autre attaque va bientôt commencer à l’ouest d’Alep pour éliminer toute menace pour la ville. Un autre axe d’attaque est susceptible de se former du côté ouest de la poche dans le but d’éloigner les terroristes de Hmeimim.

Ces attaques ne sont pas – encore – la grande campagne pour libérer tout le gouvernorat d’Idlib. Il semble plus probable que cela se fasse au coup par coup, un morceau à la fois, suivi d’une pause. Un objectif intermédiaire est de reprendre le contrôle des autoroutes M5 et M4 dans le gouvernorat d’Idlib. Cela permettrait un trafic direct entre Lattaquié et Alep et entre Hama et Alep et pourrait contribuer à relancer l’économie dévastée.

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Est-ce que les États-Unis feront quelque chose pour arrêter les opérations syriennes. Cela semble maintenant peu probable :


"Idlib est, pour l’essentiel, la plus grande collection d’affiliés d’Al-Qaida au monde à l’heure actuelle", a déclaré Michael Mulroy, sous-secrétaire adjoint à la Défense pour le Moyen-Orient, lors d’une allocution devant le Centre pour une nouvelle sécurité américaine à Washington.



">"Nous ne disposons que de très peu d’informations sur ce qui s’y passe", a-t-il ajouté.

Que cela soit – encore une fois – reconnu publiquement signifie probablement que la Syrie est maintenant autorisée à nettoyer le gâchis. En 2017 et 2018, alors que la Syrie était prête à reprendre Idlib, les États-Unis ont menacé d’empêcher toute attaque. À cette époque, ils se souciaient encore de leur alliée, la Turquie, qui serait submergée par une nouvelle vague de réfugiés si les terroristes du HTS et leurs familles devaient se retirer d’Idlib. Les États-Unis ne se soucient plus de la Turquie. Toute nouvelle difficulté pour le prétendu sultan, Erdogan, sera probablement la bienvenue.

Le havre terroriste d’Idlib n’est que l’un des nombreux problèmes auxquels la Syrie doit encore faire face.

Le pire est actuellement une pénurie d’essence car les sanctions américaines bloquent les livraisons de pétrole iranien à la Syrie. Les pétroliers iraniens à destination de la Syrie sont retenus au canal de Suez. Demander de l’essence à la Russie aurait un prix politique que la Syrie ne semble pas prête à payer. Les gisements de pétrole syriens, qui pourraient produire suffisamment pour que le pays continue de fonctionner, sont sous le contrôle des forces à la solde des américains. Les États-Unis ont interdit de vendre ce pétrole au gouvernement syrien.

Moon of Alabama
− Le 6 mai 2019

Traduction le Saker Francophone


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