COMITE VALMY

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Conférence de presse de Macron : crise migratoire
et échec de l’UE, une magnifique leçon de Novlangue
par Karine Bechet-Golovko

dimanche 28 avril 2019, par Comité Valmy


Conférence de presse de Macron : crise migratoire et
échec de l’UE, une magnifique leçon de Novlangue

Sans revenir sur l’intégralité de l’énième show macronien, dont les communicants de la présidence nous abreuvent régulièrement, cette dernière séance fut une magnifique leçon de Novlangue. L’Union européenne n’arrive pas à gérer la crise migratoire, la Nation a besoin de frontière et le "patriotisme ouvert" (sic) oblige à rétablir les frontières ... européennes ... et donc à exclure de la zone Schengen les mauvais élèves, qui ont encore l’impudence (ou l’insolence ?) de croire aux frontières ... nationales ... puisque justement il s’agissait de ... Nation. Décryptage d’un enfumage de plus, parfaitement dans la logique antiétatique et antifrançaise, que Macron, président des Français, met en place avec tant d’énergie.

Avant tout, écoutez cette séquence, délectable :

La modification du sens des concepts utilisés par Macron démontre une parfaite maîtrise de la Novlangue, ce dont nous ne doutions aucunement.

Ainsi, aux premières paroles, nous avons un instant l’agréable surprise d’entrendre réhabilitées en bloc et les frontières et la Nation, ce qui est peu commun dans ce monde no borders, où la circulation est le but en soi d’une foule devant être errante pour être libre :

"Une Nation se tient aussi par ses limites et ses frontières".

Le choc passé, tout revient à sa place, grâce à un magnifique "patriotisme ouvert". Il en existe donc un autre, fermé, qui est mauvais, ce doit être le national, car celui-ci, ouvert donc positif (dans un monde ouvert, le patriotisme doit l’être aussi) comme nous le comprenons immédiatement après, n’est pas national mais européen. Ainsi, Macron enterre les Etats-Nations, qui sont une des caractéristiques du continent européen et sur leurs oripeaux érige la souveraineté d’une Union européenne.

Les frontières, qui trois phrases plus tôt devaient garder la Nation française, glissent vers l’Union européenne (qui, même géographiquement, n’est pas l’Europe, sans même parler de l’idéologie atlantiste qui n’a rien d’européenne). Et l’on réduit encore le discours, vers la zone Schengen, qui "ne marche plus".

Au lieu, en toute logique, de penser à restaurer réellement un contrôle migratoire aux frontières nationales, ce qui réglerait aisément le problème, non, il faut sauver "la souveraineté européenne". Si l’on n’est pas au Café du commerce, où il est possible de dire tout et n’importe quoi, et c’est d’ailleurs ce qui fait son charme, Macron sait parfaitement que 1) la souveraineté est non seulement l’attribut exclusif de l’Etat, mais qu’elle est également son critère d’existence, puisque juridiquement un Etat est souverain ou n’est pas ; 2) l’UE n’est pas un Etat, mais une organisation régionale, certes intégrée, mais ayant pour membre des Etats, donc souverains, sinon elle serait vide. Bref, la notion de souveraineté européenne est juridiquement un non-sens, mais idéologiquement souligne bien le cours antiétatique de ce président.

Dans sa logique, si la Nation est transférée au niveau de l’UE, celle-ci est en droit de défendre ses frontières - pour mieux accueillir les immigrés dans "sa maison". Or, la zone Schengen ne fonctionne pas, car certains Etats ont encore la prétention ahurissante (d’où peut bien leur venir cette idée ?) ... de défendre leurs frontières nationales étatiques.

La conclusion est significative : exclure de la zone Schengen, les Etats qui ne veulent pas accepter en masse les immigrés. Donc l’Union européenne est un échec.

Karine Bechet-Golovko
vendredi 26 avril 2019

Russie politics


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