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La dégradation de l’enseignement, la dégradation de l’homme : conditions d’existence de la mondialisation
par Karine Bechet-Golovko

dimanche 14 avril 2019, par Comité Valmy


La dégradation de l’enseignement, la dégradation de l’homme : conditions d’existence de la mondialisation

50 années de déstructuration de l’enseignement scolaire ont permis de désorienter les individus, de les annihiler, de produire des êtres sans repères, sans connaissances et surtout de remplacer la raison par des slogans. Ce qui est un échec pour l’homme, est une réussite pour ce système idéologique globalisé, qui ne peut prospérer qu’à ce prix. Un prix que nous payons de nos personnes, dans le sens direct du terme.

Comme l’affirme en grandes lettres l’Organisation pour la coopération et le développement économique - OCDE (eh oui, c’est elle qui est à la source des réformes de l’école ces dernières dizaines d’années de par le monde) :


La Direction de l’éducation et des compétences de l’OCDE aide les individus et les nations à identifier et acquérir les connaissances et les compétences qui permettent l’accès à des emplois meilleurs et des vies meilleures, créent de la prospérité et favorisent l’inclusion sociale.

La finalisation de l’éducation est posée : l’on ne forme plus des êtres humains qui doivent s’émanciper et construire leur vie, on aide des individus à acquérir "des compétences" pour qu’ils trouvent un emploi et les pays à ne plus s’en inquiéter, les structures internationales sont là pour ça. Donc, si le sens de l’enseignement n’est plus déterminé par les Etats, ceux-ci ne maîtrisent plus, non plus, la vision du monde qui sera découlera : le point d’équilibre, le référent, ne sera plus l’Etat national, mais une vision globalisée dénationalisée.

En jetant un coup d’oeil rapide sur certaines pratiques développées ces dernières années à l’école, l’on remarquera, en général, le rejet de l’effort et le renforcement de son idéologisation : oublié le par-coeur, car il faut faire un effort et tout doit être ludique, l’enfant, sans qu’il n’ait les connaissances nécessaires est appelé à réaliser des "projets" sur les thèmes fondamentaux de l’époque : l’écologie, le réchauffement climatique, l’égalité homme-femme devenu féminisme, les migrations et le culte de la honte de l’histoire nationale, etc. A l’école, l’enfant n’apprend plus, il ingurgite des réflexes conditionnés lui permettant d’intégrer cette société globalisée.

Et les résultats sont impressionnants et les médias semblent soudain se réveiller : ça ne marche pas ! Quelle surprise, l’on ne s’en serait pas douté .... Remarque d’un professeur :


Depuis 30 ans, on voit le niveau des élèves qui baisse, notamment sur les fondamentaux. Sur les opérations élémentaires, par exemple, 37% des élèves savent aujourd’hui faire une division. Avant ils étaient 74%. Sur les savoirs fondamentaux il y a clairement une baisse de niveau.

A cela, l’on pourrait se dire : Enfin, ils ont compris, ils vont enfin se remettre au travail, faire apprendre aux enfants. Eh non, puisque ça ne marche pas, il faut aller encore plus loin : la faute à l’école, qui fait peur, avec ses contrôles :


Il y a un tiers des élèves qui entrent en classe en ayant mal au ventre et moi je me demande comment on fait pour apprendre en ayant mal au ventre. On a système d’évaluation où on part du principe que l’élève ne veut pas apprendre, donc on va lui faire peur avec des contrôles, et ça ne marche pas.

Logique, s’il n’y a plus de contrôle, on ne pourra plus dire que le niveau de l’enfant a baissé et l’on continue à égaliser vers le bas. D’autant plus que, paraît-il, il ne sert à rien de faire plus d’heures, mais paradoxalement, il faut s’arrêter pour expliquer lorsqu’un élève ne comprend pas (ce qui est plutôt normal). Alors comment combiner les deux ? A moins d’en revenir à la connaissance spontanée ... Et l’on pourra alors fermer les écoles, les remplacer par des centres de formation spécialisée, tout en laissant quelques véritables écoles - mais pour l’élite (ce qui en réalité existe déjà).

Et rassurez-vous, ce constat ne concerne pas que les mathématiques. L’on en arrive à la même conclusion avec l’anglais, ce qui "dommageable" en période de globalisation, à moins que tous n’y soient pas appelés. S’inquiéter du niveau du français (en fac, il m’est arrivée de devoir lire les copies de 1ere année à voix haute pour comprendre ce qui était écrit ... donc ces gens ont eu un bac) est hors de propos, qui va encore lire autre chose que quelques exclamations et onomatopées dans les réseaux sociaux ? Résultat :


La France, qui parvenait encore à tenir son rang au niveau européen lors de la première enquête en 2001 se retrouve aujourd’hui en queue de peloton, loin derrière des nations aux traditions scolaires plus neuves comme le Kazakhstan, la Bulgarie ou l’Irlande du Nord. Seuls les Belges (francophones) parviennent à faire pire, mais au moins ont-ils connu un sursaut entre 2006 et 2011. Contrairement à la France qui a vu son score baisser de manière continue depuis quinze ans.

L’enseignement de l’histoire et de la géographie a connu le même sort, justement parce que ces matières sont fondamentales pour le renforcement du sentiment national. Or, à l’époque de la globalisation et des immigrations de masse, l’histoire ne peut plus être nationale et la géographie devient un concept à dimension variable. Cette furie idéologique a commencé dans les années 70. Un texte terrible  :


Dans le système scolaire, une discipline n’est jamais isolée, puisqu’elle s’inscrit nécessairement dans un contexte politique, social et scientifique. Ainsi, le système français a longtemps fonctionné sur le principe de l’émancipation individuelle. Il s’agissait de libérer les esprits et d’armer la raison. Dans cette perspective, la géographie devait favoriser la création et l’appropriation du creuset national et républicain. Le contenu de cet enseignement était ainsi fondé sur un savoir positiviste et idéologiquement "nationalocentré".

Mais ça, c’était avant. Qui a besoin de la raison ou de la nation aujourd’hui ? Nous avons besoin d’individus hors-sol, donc on a changé l’enseignement de l’histoire-géographie :


dans les années 1970 (...) De "nationalocentrée", cette lecture devenait mondialisée et européenne. Dès lors, le message géographique que le système scolaire est amené à porter auprès des élèves pâtit d’un manque de clarté et de lisibilité. De surcroît, le principe d’un enseignement visant à l’émancipation individuelle s’est transformé en un processus de socialisation générationnelle et intergénérationnelle.

Si de plus en plus de jeunes aujourd’hui ne savent plus ce que signifie 5,2, en revanche les lycéens font de merveilleuses propositions au ministre de l’Education nationale en matière de lutte contre le réchauffement climatique. Ca, c’est important, quand même. Ce qui permet de produire des fanatiques apeurés comme cette pauvre Greta Thunberg totalement instrumentalisée, comme le révèle cette enquête surprenante à lire :


Contrairement aux jeunes manifestantes de Bruxelles, Greta n’a répondu à aucune question. Je me suis trouvé face à une petite fille éteinte, sans passion, manipulée par des gens inquiétants, enfant sous terreur. Elle est programmée pour des speechs apocalyptiques et provocants de quelques minutes devant les grands de ce monde.

C’est vrai que les professeurs jouent le jeu destructeur de cette idéologie, incitant les enfants, manipulables, à "jouer aux grands", sans en avoir ni le recul, ni les bases. Pourtant, il est bien reconnu que l’âge d’or de l’enseignement se situe ... dans les années 20. Encore une remarque :


L’esprit critique que nous appelons de nos vœux est cependant d’autant plus difficile à inculquer en ce début de XXIème siècle que les élèves sont à la fois privés d’une véritable mémoire raisonnée et abreuvés d’une fausse mémoire

Mais comment développer un esprit critique sans connaissance ? C’est impossible. Et l’on pourrait dire que ça tombe bien. Comment pourrions-nous sinon réécrire l’histoire en fonction des besoins du moment, comment sinon serait-il possible de lancer les hommes, comme des petits soldats dociles, dans des combats idéologiques qui ne sont pas les leurs, un slogan aux lèvres et le doigt sur l’écran ? La vanité et le vide de ce monde de consommation et de communication, repose sur la dégradation intérieure de l’homme et le bruit extérieur. Si la majorité d’entre nous n’a pas pour but d’acheter, de se bâfrer, bref de consommer tout et n’importe quoi mais le plus possible, si les gens ne peuvent plus mesurer la réussite de leur vie à leur pouvoir d’achat et aux cours de yoga en guise de poussée compensatrice spirituelle, la révolte risquerait de gronder. Le BigMac en guise de raison d’être, laisse un arrière-goût quel que peu écoeurant ...

Karine Bechet-Golovko
jeudi 11 avril 2019

Russie politics


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