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La querelle entre les États-Unis
et la Turquie s’envenime
Par Moon of Alabama

lundi 8 avril 2019, par Comité Valmy


La querelle entre les États-Unis et la Turquie s’envenime

Les deux tweets ci-dessous sont une mise à jour du récent article sur les problèmes de la Turquie et sur la manière dont ils vont changer la dynamique dans le gouvernorat d’Idleb infesté de Djihad en Syrie.

Les États-Unis menacent de ne pas livrer les avions de combat F-35 commandés par la Turquie, parce que celle-ci a également acquis le système de défense antiaérien S-400 de fabrication russe. Nous avons dit que cela aurait pour conséquence une nouvelle victoire pour la Russie :


La Russie sera ravie defournir à la Turquie des avions de combat Su-35. Ils sont indiscutablement mieux que le F-35 et seront probablement moins chers. Mais ils viendront avec un prix politique.

Les chances pour que cela se produise se sont accrues après le court échange d’hier entre les vice-présidents des États-Unis et la Turquie. Le vice-président Pence a parlé devant le Conseil Atlantique, lors du 70ème anniversaire de l’OTAN, et a déclaré que la Turquie risquait son avenir de membre de l’OTAN en raison de l’achat de S-400.

Pence a aussi tweeté :

La réponse ne s’est pas fait attendre :

Les forces kurdes du PKK/YPG, que les États-Unis utilisent comme force de substitution pour occuper le nord-est de la Syrie, sont en fait des terroristes légaux dès qu’elles franchissent la frontière avec la Turquie. Quelle est la valeur de l’OTAN lorsqu’elle protège les ennemis de la Turquie ?

La menace de Pence est également stupide car il n’existe aucun mécanisme pour expulser un membre de l’OTAN, il ne peut partir que volontairement.

Autour du Kremlin, on pouvait entendre sauter les bouchons de champagne.

Le comportement non professionnel et menaçant de Pence et d’autres responsables de l’administration américaine va coûter cher aux États-Unis.

Comme Andrei Martyanov l’a récemment écrit  :


Je peux tout à fait comprendre l’irritation ressentie par Washington à propos de toute cette situation. Après tout, la Turquie est un membre clé de l’OTAN, doté d’une armée réelle, et voyant un membre de l’OTAN se tourner vers un système d’armes de l’ennemi juré de Washington - c’est non et non. Vient ensuite la question : donc, les États-Unis arrêteront (vraiment ?) les livraisons de F-35 et des technologies associées en Turquie, et alors ? Voulons-nous vraiment ouvrir cette boîte de Pandore ? Les Turcs ne sont pas des idiots, loin de là - ils savent compter, et bien qu’Erdogan puisse encore effectuer une manœuvre rapide à 180 degrés, il ne peut pas non plus ne pas tenir compte du fait qu’au lieu des F-35, la Turquie pourrait mettre la main sur une version décente de SU-35. Possible ? Oui ! Probable ? Je ne sais pas.


Mais Obama aurait dû réfléchir à deux fois avant de déclencher - ou prétendre qu’il ne connaissait pas - le coup d’État contre Erdogan en 2016. Ou, d’ailleurs, un renversement sanglant du gouvernement en Ukraine en 2014. Mais les élites américaines actuelles n’ont aucune idée que leur actions ont des conséquences.

Moon of Alabama
− Le 4 avril 2019

Traduction le Saker Francophone


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