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Algérie

Amar Saadani, ancien Secrétaire général du FLN, à TSA : « L’État profond veut mettre le FLN au musée »
via Algérie Patriotique

lundi 1er avril 2019, par Comité Valmy


Amar Saadani, ancien Secrétaire général du FLN, à TSA :
« L’État profond veut mettre le FLN au musée »

Dans un entretien fleuve accordé au site TSA (Tout sur l’Algérie), Amar Saadani vide son sac. Pour lui « … Il ne s’agit pas de faire chuter Bouteflika puisque son ère est terminée. Il y a des centres de décision de l’État qui sont ciblés par les infiltrés dans les manifestations. Certains veulent se recycler pour revenir. Les gens sont sortis pour dénoncer la disparition du président. Le président est kidnappé, on ne le voit pas. On fait faire au président des choses qu’il n’accepte pas lui-même. Ils disent que le président a envoyé une lettre alors qu’il ne peut pas écrie, a désigné des responsables alors qu’il ne peut pas le faire. Les lettres sortaient de chez Ahmed Ouyahia signées par lui. Il les faisait entrer à la Présidence pour les faire sortir ensuite. »

Les Algériens manifestent depuis plus d’un mois pour exiger des changements politiques dans le pays. Quel est votre commentaire ?

El Hirak, qui fait partie d’une situation générale dans le pays, a ses raisons et ses justifications. Le plus important est ses revendications. Je regrette que les soutiens et l’entourage du président de la République fassent preuve d’ingratitude alors qu’ils ont été à l’origine de la situation actuelle. Ils s’éloignent aujourd’hui du président alors qu’ils portent son burnous depuis vingt ans. Cela concerne plusieurs catégories d’entre eux.

Les Algériens sont sortis dans la rue réclamer le départ du régime, du président Bouteflika…

Le peuple a le droit de réclamer ce qu’il veut, mais on doit expliquer cela. Où sont donc passées les zaouia qui priaient pour le président pour qu’il guérisse et qu’il réussisse dans ses missions ? Ces zaouia ont eu des acquis, des locaux, de l’argent, des passeports…où sont-elles aujourd’hui ? Ne peuvent-elles pas parler et dire un mot juste à propos d’un homme âgé de 82 ans, malade, assis sur un fauteuil roulant, un président qu’elles soutenaient hier ? Où sont donc passés les imams qui, eux aussi, priaient dans les minbars des mosquées pour que le président retrouve sa santé et lui souhaitaient tout le bien du monde ? Pourquoi gardent-ils le silence aujourd’hui ? La religion leur impose d’être cléments avec un malade. Où sont les hauts responsables qui étaient chefs de gouvernement qui géraient les affaires du pays et qui dépensaient le budget de l’État ? Ils distribuaient de l’argent.

Qui distribuait l’argent le gouvernement ou le président ?

Les gouvernements, pas le président ! Le président ne gère pas l’argent. A la fin de l’année, le président signe la Loi de finances, adoptée par le Parlement, après proposition d’un projet par le gouvernement. Le même gouvernement est en charge des dépenses publiques.

Où sont donc passés les ministres, les directeurs, les ambassadeurs et tous ceux qui étaient couverts par le burnous du président ? Aujourd’hui, ils sont nus après avoir jeté le burnous. Ils se lavent les mains de choses qu’ils ont eux-mêmes commises, pas le président. J’en suis témoin. Ce même groupe, qui était une composante du pouvoir, dit que le régime doit chuter(…) Je dis aux activistes sur les réseaux sociaux, aux manifestants, aux chouyoukh de zaouia et aux imams : soyez indulgents avec ce vieil homme, demandez-lui la guérison et laissez-le partir tranquillement.

Vous avez insisté par le passé sur la construction d’un État civil, pourquoi ?

J’ai insisté, c’est vrai, pour la construction de cet État civil. Parce que l’État actuel ne l’est pas. Un État où la justice obéit à des ordres ne peut pas être reconnu comme tel. Le Premier ministre a été également directeur de cabinet (à la Présidence de la République). Tout passait par lui. Aujourd’hui qu’il n’est plus là (Ahmed Ouyahia), avez-vous vu des décisions émaner de la Présidence de la République depuis ? Posez-vous la question. Toutes les décisions, qui ont suscité les doutes des citoyens, sortaient sur ordre de l’État profond et de son représentant à la Présidence de la République.

Aussi, dois-je dire qu’on doit rendre justice au président pas pour son action uniquement, mais pour son âge aussi. Il était parmi les moujahidines qui ont libéré le pays. Il était ministre de la Jeunesse et des Sports, puis ministre des Affaires étrangères. Il sillonnait le monde au nom de l’Algérie. Personne ne peut le renier. Il a été président pendant vingt ans. Tout le monde sait, la presse comprise, que le peuple a voté pour lui en l’accueillant avec les roses.

Le président Bouteflika a, lui-même, annoncé son renoncement au projet du 5e mandat. Il s’est adressé aux Algériens par lettre. Avez-vous des doutes par rapport à ses lettres ?

La seule lettre dont je ne doute pas est celle du 11 mars 2019 où il a annoncé qu’il ne s’est pas présenté pour un cinquième mandat et qu’il n’avait pas l’intention de se porter candidat. Sa candidature est venue de l’État profond.

Pourquoi ?

Pour que cet État profond continue de gérer le pays. On sait que le président est malade depuis 2013. Il s’absente, puis revient. En 2014, j’étais parmi ceux qui avaient proposé la candidature du président parce qu’à l’époque un complot se préparait contre l’Algérie au lendemain du « Printemps arabe ». Des terroristes étaient massés au niveau des frontières pour entrer en Algérie. Je connaissais les bons rapports que le président avaient avec certains pays arabes et islamiques, qui avaient contribué au printemps arabe. Je voulais qu’il reste au pouvoir pour que le pays ne subisse pas le sort de la Libye ou de la Syrie.

A l’époque, nous avons soumis des propositions lors des consultations sur la Constitution menées par Abdelkader Bensalah, reprises ensuite par L’État profond avec la nomination d’Ahmed Ouyahia. Le FLN était le dernier parti à participer aux consultations. Nous avons proposé l’indépendance de la justice. Le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) ne doit pas être présidé par le Chef de l’État qui n’a jamais assisté à ses réunions. Le CSM doit être dirigé par un magistrat élu par ses pairs. A lui revient la tâche de nommer les juges, de les muter, de les promouvoir ou de les sanctionner…

Qu’a-t-on fait de ces propositions ?

Ahmed Ouyahia a jeté ces propositions dans les tiroirs pour qu’il continue de gérer les affaires de l’État comme il l’entend. C’est Ouyahia qui a écrit les lettres (du président) avec son secrétaire. C’est lui qui se charge de l’envoi du parapheur et de son retour. Il décide comme il l’entend, nomme, met fin aux fonctions, fait la promotion. Ce n’est donc pas le président qui est responsable.

Quand le président a déclaré qu’il ne s’est pas porté candidat à l’élection, cela veut dire qu’il termine son mandat actuel pour partir après. Pourquoi donc, toutes ces revendications pour le président alors qu’il est malade ? Ils veulent qu’il sorte défait. Qui veut donc cela pour un vieil homme de 82 ans ? En tout, il ne reste qu’un mois pour lui.

Le président Bouteflika va-t-il partir à la fin de son mandat (le 28 avril 2019) ?

Après un mois, le président ne va pas refaire son mandat. Laissez-le donc terminer ce mois et partir après. Le rêve du président est d’inaugurer la grande Mosquée (d’Alger), y rester ne serait-ce qu’un instant.

Quelle analyse faites-vous du mouvement de contestation actuelle qui cible justement le président Bouteflika et le système qu’il représente ?

Ce mouvement est formé de trois groupes. Il y a un d’abord, le plus grand groupe qui est formé de la population refusant la vacuité actuelle à la Présidence de la République et le fait que l’Algérie soit sans direction, mis à part le commandement militaire. Ce vide a poussé les citoyens à exiger le changement pour mettre fin notamment aux crimes qui sont commis. C’est leur droit.

Le deuxième groupe est composé de partis qui veulent avoir des acquis. Vous avez vu comment les manifestants ont traité certains représentants de ces partis. Les partis s’accrochent au hirak. Vous avez remarqué qu’au lendemain des marches du vendredi, ces partis (de l’opposition) se réunissent le samedi pour avancer des revendications. Représentent-ils le hirak ? Ils cherchent à cueillir les fruits de ce mouvement, mais le peuple en est conscient. Il y a un troisième groupe. Il s’agit des infiltrés.

C’est-à-dire ?

Il s’agit de personnes agitées par l’État profond qui cherchent à cibler des institutions de la République dans le but de se recycler. C’est là où réside le danger. Elles ciblent la Présidence de la République, le ministère de la Défense et le FLN. Dès que le chef d’état-major de l’ANP, le général de corps d’armée Ahmed Gaid Salah a pris la parole, ils ont commencé à crier en disant qu’il est contre les manifestants. Gaid Salah a pourtant dit que l’armée reste aux côtés de la population mais contre les infiltrés, les chargés de mission. Ils ont alors réagi en prétendant que Gaid Salah était contre le peuple.

Ils ont tellement fait de choses depuis 1992 (arrêt du processus électoral) ! Sans l’état-major de l’armée, le pays se serait effondré. Aujourd’hui, ils voudraient orienter les gens contre le premier responsable de cet état-major pour pouvoir pénétrer à l’intérieur de l’institution militaire. De grand pays étrangers y sont intéressés car le commandement ne va pas dans leur direction. A l’intérieur, ils sont nombreux. Ils dépendent de l’État profond parce qu’ils ont été écartés.

Après la présidentielle, ce centre va disparaitre et les partis et les associations reprendront leurs activités. Le centre de l’armée est, lui, permanent. Il doit être sauvegardé. Je conseille mes frères qui soutiennent le hirak dans la presse ou dans les réseaux sociaux d’être vigilants par rapport à ce danger mortel. Si ce groupe contrôle l’état-major, il n’y aura pas d’État démocratique, pas d’État civil, pas de justice indépendante. Nous allons revenir à 1992. Cela ne va ni dans l’intérêt des islamistes ni des démocrates. L’état-major ne doit pas être pris des mains des nationalistes.

Comment voyez-vous la suite du hirak dans les prochains jours ?

Le hirak doit avoir un résultat avec la construction d’un État civil, une justice indépendante et une presse libre. Ces trois revendications peuvent sauver le pays. Les juges ne doivent pas avoir de tutelle. Le ministère de la Justice ne doit pas se mêler de leur travail. La presse doit être professionnelle, pas une presse de business, avec un journaliste libre et exploité par son patron.

Maintenant, que fera le hirak après le 28 avril ? Ramener un groupe de la rue pour former un gouvernement ? Solliciter les partis de l’opposition ? Quelle solution ? Seuls les juges peuvent garantir l’organisation d’une élection libre et honnête. On peut élargir aux avocats. Les juges sont assermentés, sont protégés et n’ont pas le droit de se porter candidats. Les magistrats doivent être chargés de la préparation de la prochaine élection. A part cela, que les analystes nous trouvent d’autres solutions !

Vous dites que le FLN est ciblé. Pourquoi ?

L’État profond exploitait le FLN. Il ne peut plus le faire. Les infiltrés à l’intérieur du hirak, parmi les partis ou l’État profond, veulent écarter le FLN de la vie nationale. D’abord, il s’agit d’une demande extérieure liée à l’Histoire. L’idée de mettre le FLN au musée existait à l’époque de Chadli Bendjedid. Chadli l’avait rejetée. Idem pour Boumediene qui a attendu l’émergence de jeunes militants pour autoriser l’organisation du congrès du FLN. Daoudi et Boumendjel, qui étaient mouhafed du parti à Mostaganem et Ouargla, avaient demandé en 1978 la tenue des assises. « Lorsqu’il y aura des militants, j’organise un congrès », a répondu Boumediene.

L’État profond veut mettre le FLN au musée. C’est une demande d’anciens opposants à la création du FLN. Certains partis font la même demande parce qu’ils savent qu’ils ne peuvent pas battre le FLN. Il faut plutôt mettre au musée les partis qui n’ont que le cachet !

Certains partis ont géré l’argent de l’État. Zeroual a également refusé la mise au musée du FLN lors de la création du RND (en 1997). Le groupe de Mohamed Betchine (conseiller de Zeroual) voulait dissoudre le FLN parce qu’il a soutenu le FIS. Le FLN appartient à tous les Algériens et à ses militants. Seuls les militants peuvent demander la dissolution du FLN. Celui qui n’aime pas le FLN n’a qu’à ne pas voter pour lui lors des élections.

Mais qui dirige le FLN ?

Le FLN est dirigé par un groupe de hors la loi, désigné par l’État profond. Ouyahia a une main dans la désignation de ce groupe. Cela s’est fait en dehors des statuts et du règlement intérieur. Le ministère de l’Intérieur aurait refusé que le FLN soit dirigé par ce groupe. La loi sur les partis ne leur donne pas de légitimité. Ils ne sont même pas membres du Comité central (CC) et osent diriger le parti ! Le CC est la haute instance du FLN (entre deux congrès). Le CC n’existe plus, c’est pourtant lui qui a désigné le président du parti (Bouteflika). Donc, le poste de président du parti n’existe plus aussi. Ils ne peuvent pas prétendre que le président a envoyé une instruction pour organiser un congrès extraordinaire. Tout est illégal actuellement au FLN.

Le FLN est attaqué. Il ne peut pas se défendre parce qu’il n’a pas de direction légitime. Le CC a déposé plainte à la justice. A la justice de demander l’application des textes du partis. Des membres dirigeants comme Abderrahmane Belayat et Salah Goudjil connaissent tout cela, savent qu’un non membre du CC ne peut pas être à la tête du parti, mais veulent surfer sur la vague eux aussi.

Le FLN peut-il avoir des candidats à la prochaine présidentielle ?

Oui. Le FLN peut présenter au moins trois candidats : Abdelaziz Belkhadem, Abdelmadjid Tebboune et Mouloud Hamrouche. Ils peuvent se présenter au nom du parti. Nous ne pouvons pas soutenir un candidat qui n’est pas militant du FLN.

Pour les critères, Mouloud Hamrouche est le plus ancien, c’est lui qui a eu le plus de responsabilités et qui est fils de chahid. Il a toutes les caractéristiques pour être le prochain candidat du FLN.

Pourquoi l’état-major de l’armée n’a pris aucune décision par rapport à la situation politique dans le pays ?

Imaginons que le chef de l’état-major de l’armée destitue le président de la République alors qu’il n’a pas le droit sur le plan constitutionnel puisqu’il s’agit d’une prérogative du Conseil constitutionnel, cela sera la clef d’entrée de l’ingérence étrangère. L’institution militaire a su éviter ce piège. Si l’armée avait fait un coup d’État, j’aurai été le premier à le dénoncer.

L’institution militaire a confirmé son caractère républicain puisqu’elle n’est pas intervenue dans le hirak, a empêché l’étranger de s’ingérer dans nos affaires et a protégé le pays des troubles. Le chef de l’état-major de l’ANP aurait pu écarter le président de la République en cinq minutes. Il ne l’a pas fait parce que l’armée est une institution républicaine qui va laisser le président terminer sa mission comme cela est prévu dans la Constitution. Si cela revenait à l’État profond, il aurait écarté le président par la force ou par l’assassinat. Cela a eu lieu en Algérie à l’époque de l’État profond pour les présidents de la République. Aussi, le général Gaid Salah et l’armée ont évité l’ouverture de la porte de l’Enfer.

L’Égypte connait des problèmes interminables parce que l’armée s’est mêlée et a fait un coup d’État. Construire un État civil ne signifie pas un éloignement de l’armée de ses missions constitutionnelles. L’État civil sera géré par les citoyens.

Étiez-vous favorable à un cinquième mandat pour Bouteflika ?

L’une des raisons de mon retrait du secrétariat général du FLN est mon refus d’un cinquième mandat pour Bouteflika. Je me suis retiré avant l’heure. Je savais que le cinquième mandat était contre les intérêts du président. Le président n’en voulait pas. Une de mes conditions pour le soutien du quatrième mandat était que le président de la République ait deux vice-présidents. C’est le groupe de l’Etat profond qui a fait sortir la carte du cinquième mandat.

L’État profond s’est infiltré à la Présidence à travers Ahmed Ouyahia. C’est leur représentant. Tout le monde se souvient de ce que j’ai dit à l’époque à propos de cet homme, indésirable à mes yeux. Ils m’ont demandé de constituer un gouvernement avec lui, le FLN, le MSP et le RND, j’ai refusé. A chaque fois que cet homme débarque dans un endroit, il le détériore.

Vous évoquez souvent l’idée de l’Etat civil. Pourquoi ce projet n’a pas abouti ?

L’État profond ne veut pas de l’État civil. Ce n’est pas l’institution militaire. Au contraire, elle est favorable à ce projet. Le chef de l’état-major de l’ANP a été attaqué lorsqu’il a envoyé une lettre au FLN. S’il n’était pas favorable, il n’aurait pas envoyé une lettre de félicitation au congrès du parti. Les anciens de l’État profond ne veulent pas de l’État civil, veulent que la justice soit soumise au ministre. Si le juge refuse d’appliquer les ordres, il est écarté. Les mutations des juges se font sur ordre du ministère de la Justice. Il ne s’agit pas de décision du CSM. L’État civil signifie que la Constitution tranche entre les pouvoirs civils et militaires, libère la justice et la presse. Le salut dans l’Algérie est dans l’État civil.

Qu’en est-il des demandes relatives au départ du régime exprimées dans la rue ?

Il faut demander le départ de l’État profond. C’est lui qui a commis des boucheries, était à l’origine d’actes arbitraires à l’égard des citoyens, mis en prison des personnes…C’est l’État profond qui a lancé le « haya à la salat » (l’appel à la prière). Cela a commencé avec l’affaire de la saisie de la cocaïne (en mai 2018). C’est une affaire montée de toutes pièces contre l’institution militaire. Elle a été préparée à l’étranger avec des complicités internes. L’affaire de Kamel El Bouchi est préfabriquée. Ils ont impliqué certains chefs de régions militaires qui sont les piliers du ministère de la Défense nationale. Des cadres de l’armée ont été mis à l’index. Des cadres qui dépendaient du chef d’état-major de l’armée, c’est donc une accusation directe pour l’armée. Cette opération était menée par un centre au nom de la Présidence. L’enquête a prouvé que les officiers incriminés étaient tous innocents. Leur mise à l’écart n’était pas une accusation contre eux, mais une manière d’innocenter l’armée et d’éloigner le doute.

Ni El Bouchi ni le fils de Tebboune n’ont acheté la marchandise. Ils ont arrêté des gens qui ont juste acheté un appartement dans une promotion d’El Bouchi. Un gardien d’APC a été arrêté parce qu’il avait obtenu un passeport de Hadj de la part d’El Bouchi.

C’est tout ce qu’ils ont trouvé, l’opération a été en fait menée à l’extérieur par des services secrets étrangers dans le but de dominer l’armée. L’état-major de l’armée a traité ce problème avec sagesse même s’il y a eu des victimes. « El hirak » contre l’armée, je ne parle pas du hirak populaire actuel pour le changement du régime, a commencé auparavant à partir d’un complot. Plusieurs pays ont participé au montage de l’affaire El Bouchi. L’armée a su déjouer le complot.

Qu’en est-il du hirak qui a commencé le 22 févier 2019 ?

Je n’ai pas vu des revendications dans la rue appelant au départ de l’État profond. Ils veulent le départ de Bouteflika. C’est Bouteflika qui a fait revenir les gens des maquis, qui a distribué des millions de logements, qui a construit des routes, des écoles…Il est venu en courant comme une gazelle à la présidence pour sortir sur un fauteuil roulant. Le président partira. Il faut demander la disparition de l’État profond qui agite les ficelles dans le noir, qui a des relations avec l’étranger, qui a fait mal au peuple algérien, qui a enterré des gens vivants et qui a évincé des présidents. Que les trolls m’attaquent ! J’ai dit cela lorsque j’étais président de l’APN. Ils ont avancé beaucoup de choses à mon propos parce que j’ai dit ce que je pensais de l’État profond. L’ex-DRS doit disparaître et laisser les citoyens tranquilles. Qu’il cesse de faire mal aux Algériens.

Pensez-vous que l’État profond surfe sur la vague du hirak actuel pour le détourner ?

Il y a des citoyens honnêtes dans la presse et dans les réseaux sociaux qui appellent à abattre ce système. Il ne s’agit pas de faire chuter Bouteflika puisque son ère est terminée. Il y a des centres de décision de l’État qui sont ciblés par les infiltrés dans les manifestations. Certains veulent se recycler pour revenir. Les gens sont sortis pour dénoncer la disparition du président. Le président est kidnappé, on ne le voit pas. On fait faire au président des choses qu’il n’accepte pas lui-même. Ils disent que le président a envoyé une lettre alors qu’il ne peut pas écrie, a désigné des responsables alors qu’il ne peut pas le faire. Les lettres sortaient de chez Ahmed Ouyahia signées par lui. Il les faisait entrer à la Présidence pour les faire sortir ensuite.

Où sont donc passés les conseillers du président

Je ne parle pas des conseillers ou des personnes, mais des institutions. Le directeur de cabinet de la Présidence est le premier responsable de tout ce qui se passe dans cette institution. Il veille sur toutes les procédures administratives et les décisions du président. Il possède même le cachet de la Présidence.

Mais comment ont-ils laissé des lettres passer au nom du président ?

A plusieurs reprises, ils ont eu maille à partir avec lui (Ahmed Ouyahia). Je ne veux pas personnaliser les choses pour ne pas s’éloigner de l’État civil. Quand on est directeur de cabinet de la Présidence, on est responsable de tout. On ne dit pas que telle personne m’a dit ceci ou cela. Tout ce qui est sorti de la Présidence est de la responsabilité du directeur du cabinet et tout ce qui a été dépensé est de la responsabilité des gouvernements. S’il y a eu des vols ou des dilapidations de deniers publics, des comptes doivent être demandés aux gouvernements. Le Parlement doit demander un bilan au gouvernement, destituer des ministres. J’ai fait cette proposition lors des consultations sur la Constitution. Elle a été refusée par Ahmed Ouyahia aussi. Donc, on ne doit pas tout concentrer chez le président de la République. Si vous consultez les nombreux parapheurs au niveau de la Présidence de la République, il y a plein de décrets qui n’ont pas encore été signés. C’est de la responsabilité du directeur de cabinet de la Présidence, pas le président.

TSA

- 26 mars, 2019

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