COMITE VALMY

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Point de vue

Idéologies et mensonges
Général Henri ROURE

vendredi 29 mars 2019, par Comité Valmy


Idéologies et mensonges

Les nations auront raison des idéologies.

À l’approche des élections européennes je n’ai pu m’empêcher de regarder le passé récent, d’observer le présent et d’envisager le futur. De ce balayage mental je sors convaincu que les nations auront raison des idéologies.

À cette époque qui précéda l’effondrement du mur de Berlin, à l’ouest, les relations entre États me paraissaient globalement plus acceptables, sinon plus honnêtes qu’aujourd’hui…

À l’est, le régime soviétique visait, officiellement, le succès de la lutte du prolétariat contre l’impérialisme capitaliste. Des dictatures, bien rodées, se dénommant toutefois démocraties populaires, se donnaient pour mission officielle de servir les peuples et de les protéger contre les abominations de la bourgeoisie financière et du grand capital. Elles luttaient - disaient certains- contre cette odieuse exploitation de l’homme par l’homme. C’était le discours tenu et diffusé à l’envi, propagé même par des partis communistes dans cet Occident libéral. Une ronde de pays, fictivement indépendants de Moscou, constituaient des satellites politiques dont les gouvernements ne se cachaient pas de partager, avec leur tuteur, la même idéologie. Ils étaient prêts à la défendre par les armes et à la propager, en engageant leurs forces dans le cadre du Pacte de Varsovie. L’homme endoctriné avait vocation à être heureux. L’État pensait pour lui. Mais quelques individus et des populations s’agitaient aussitôt réprimés…

À l’ouest, le monde, se définissant libre, réfutant les accusations communistes, cherchait à projeter l’image du respect de la personne et s’affirmait défenseur de la liberté. Les États-Unis, protecteurs, rassemblaient dans une alliance, l’OTAN, les pays qui refusaient la philosophie marxiste et le système communiste. Ils en étaient les maîtres apparemment bienveillants. Les citoyens votaient et pensaient pouvoir peser sur leur destin.

Il s’agissait de se prémunir de toute invasion et de toute agression de l’Ogre rouge. Mais aussi de séduire et, pour cette raison, malgré leur puissance, les États-Unis, pilotaient, avec une certaine retenue, leurs relations avec leurs alliés. L’image était essentielle dans l’affrontement idéologique avec le monde soviétique. Bien sûr, comme tout vecteur publicitaire, elle ne pouvait qu’être trompeuse. Il ne fallait pas alimenter la propagande de l’adversaire en laissant entrevoir une réalité souterraine bien différente. Elle devait aussi séduire ceux qui doutaient. Malgré tout elle obligeait.

La France pouvait donc s’intéresser à l’Afrique, son champ clos toléré. Peu d’autres pays en dehors de l’ennemi supposé, osaient s’y aventurer. Elle y était considérée comme utile à la défense de l’Occident. Elle protégeait son industrie, malgré quelques aléas sur la sidérurgie et sur la chimie, dont ses gouvernants récusaient, avec désinvolture, un quelconque effet annonciateur et un risque stratégique. Elle développait sa science et sa technologie de pointe et ses capacités dans la recherche nucléaire s’avéraient incontestables. Elle était reconnue comme la puissance majeure de l’Europe occidentale. Elle conservait la fierté d’elle-même et pouvait penser que l’Europe, qui se ferait, serait française. Elle ne pourrait se construire autrement. Erreur d’analyse, due à une mauvaise appréciation de la réalité, dont nous payons aujourd’hui les conséquences. Chez elle, mais en Europe aussi, naturellement, on parlait encore français et ses diplomates et hauts responsables économiques et politiques ne savaient utiliser aucune autre langue, quand bien même ses médias commençaient à préparer la population à un probable alignement culturel. On comprenait encore les pubs à la télé et le vocabulaire des maîtres de l’opinion demeurait presque académique, en tout cas accessible et civilisé. Si elle rognait son budget de la Défense, elle la modernisait et confirmait son statut de puissance nucléaire au nom d’une saine et historique indépendance. Membre permanent du Conseil de sécurité elle pesait à l’ONU. Bref la France était toujours la France.

L’Allemagne restait humble, à la fois champ de bataille possible et responsable de la situation de l’époque, elle ne pouvait se comporter autrement. Elle était double et nul n’envisageait que ses ambitions puissent un jour surgir à nouveau. La France, ne craignant plus grand chose de sa voisine, se présentait comme la grande soeur solidaire. Seuls quelques connaisseurs, mauvais esprits, se méfiaient d’elle, comme François Mauriac qui osait dire :« J’aime tellement l’Allemagne que je suis ravi qu’il y en ait deux. »

L’Angleterre, comme à l’accoutumée albionnait, profitant des uns et des autres sous le couvert de son insularité et complaisait à son ancienne colonie. La France souriait naïvement, assurée de son rôle, et faisant fi de mille ans de mésentente cordiale.
Les autres pays de ce qui n’était pas encore l’UE, suivaient sans trop rechigner, ce que les grandes capitales proposaient. C’était hier.

Un mur s’est effondré et tout à changé…

À l’ouest, plus besoin de masque. Le capitalisme a gagné la guerre froide et peut montrer son vrai jour. Les États-Unis imposent leur force et leur Droit et conduisent, avec des relais serviables, vers un destin commun et subordonné, ce qui est déjà depuis quelques temps l’UE. Le dollar, arme majeure, court partout imposant liens et obligations. Une philosophie missionnaire est affirmée, faisant des États-Unis le modèle à rallier. Des anciens amis de Moscou se sont mués en amis inconditionnels de Washington. Capitalisme et profit, autrefois instruments, sont devenus des idoles selon la volonté des banquiers. La dignité de l’être humain est oubliée. Il n’est plus considéré comme un « roseau pensant » mais comme un pantin influençable et manipulable. Les financiers pensent pour lui.

L’homme n’est pas plus finalité qu’il ne l’était naguère de l’autre côté du mur effondré.
L’Allemagne, désormais réunifiée, joue de moins en moins discrètement le rôle d’associé idéolo-gique des États-Unis. Elle avance ses désirs, avant de les imposer. Les Allemands peuvent désor-mais croire que l’Europe sera allemande. Elle ne peut se bâtir autrement…

En France, une coterie transnationale et financière, en embuscade pendant des années, s’est insinuée dans les rouages de l’État. Elle s’est emparée du pouvoir et a tôt fait d’établir son cap, colonisant médias, grandes entreprises, finance et haute fonction publique, pour mener une politique d’abaissement des nations autres qu’étatsunienne, imaginant créer un ensemble consumériste malléable dépourvu d’opinion politique. Bien sûr, elle baragouine l’anglo-saxon, contourne la Loi Toubon, désireuse de préparer la population à cette soumission culturelle prélude de la docilité idéologique. Il s’agit, croit-elle, d’être dans le vent de l’histoire et de s’aligner derrière le modèle étatsunien, au travers d’une Europe fédérée et fidèle. Le chef de l’État actuel qui en est issu, croit partager ses idées avec l’environnement européen. Aussi n’imagine t-il pas recevoir le président chinois, Xi Jinping , en visite officielle en France, hors de la présence de la chancelière allemande. Il ne faut surtout pas risquer de déplaire à Berlin par des décisions utiles à la seule France. Il ne voit pas le piège des exigences de madame Annegret Kramp-Karrenbauer, futur successeur de madame Merkel, demandant l’abandon du siège permanent de la France à l’ONU au profit de l’UE. Tout comme les attaques sur notre dissuasion nucléaire. Ces demandes sont en conformité avec le « projet européen ».

Cette oligarchie financière ne peut pas comprendre ce qui se passe sur le territoire national et ne peut que vilipender la renaissance des patries. L’ambition française a cédé le pas à un internationalisme capitaliste. Nos industries stratégiques sont vendues, mais il n’y a pas de risque -songe t-elle - puisque ce sont des amis qui achètent ! Les députés godillots votent la vente de fleurons de notre économie qui rapportaient de l’argent au budget de l’État hors impôts ; mais peu importe si la France se ruine, elle sera plus vite prête à se soumettre à la direction unique et à ses banques. D’ailleurs ses banques choisissent déjà les partis à aider pour mieux orienter encore un électorat déjà sous emprise des médias. Les oligarques ne s’intéressent guère à la menace musulmane, considérant, d’une part, que la religion n’est que l’opium du peuple, comme cela se disait, ailleurs, autrefois, dans un autre internationalisme et, d’autre part, qu’en tout état de cause, toute croyance ne peut que fléchir devant la loi de la consommation et de la politique de décérébration de l’humanité.

Alors, que la France devienne musulmane et que la laïcité cède la place à une religion archaïque, est, somme toute, envisageable. Les responsables religieux pourront être corrompus et la foule, devenue totalement disciplinée, sera plus aisément encore manipulée…aussi pourquoi ne pas aider ce mouvement en laissant discréditer l’Église catholique, dernier rempart de la civilisation ?

Le président actuel, sans doute, se voudrait être reconnu comme le propagateur de cette idéologie destructrice des nations au profit d’un ensemble consumériste. Il est inconscient de la réalité du monde et ne fait aucune analyse de l’avenir à partir des faits. Pour ces raisons le dépeçage des atouts chèrement acquis par notre pays, ne lui semble pas un risque, mais au contraire la preuve exemplaire de son alignement idéologique. Ce personnage est un rêveur dangereux. Il ne réalise pas que sa politique facilite toutes les revendications, les contestations et les violences. Puisqu’il désire un transfert des souverainetés vers l’UE et agit en ce sens, l’État qu’il représente malgré tout, s’en trouve affaibli et contesté. Les Français se révoltent, non pas contre la République et des principes, mais bien contre une idéologie. La présence de drapeaux tricolores dans les diverses manifestations contemporaines et le soutien de ces mouvements par une large majorité de la population, malgré l’activisme des médias, devraient l’alerter.

Curieux renversement des propositions où l’internationalisme prolétarien, vaincu, serait remplacé par l’internationalisme de la fortune. Curieux renversement où les patries renaissent et ou certains, à l’ouest, voudraient l’abaissement des nations. La patrie russe et sa religion, ont surgi des cendres de la défunte URSS. Doit-on s’en étonner ? Un système russe, certes oligarchique, mais profondément russe, détient les rouages d’une économie en essor, malgré un embargo inique, et le pays parvient à damer le pion aux États-Unis au Moyen-Orient et à une France en Afrique qui cherche à européaniser son action. En Chine, un puissant capitalisme patriotique s’est installé renouant avec l’esprit ancien, mettant en péril la suprématie économique et industrielle de l’ouest. Il n’est pas nécessaire d’aller aussi loin. Regardons au sein de l’UE où les partis hostiles à cette idéologie internationaliste prennent progressivement le pouvoir.

C’est une évidence, les patries sont difficiles à effacer. Elles viennent du fond de l’histoire et sont la vraie protection des hommes car elles prolongent les familles et les liens du sang. Elles sont, de fait, une grande famille avec ses règles, ses usages, ses croyances et ses fiertés. Seul le gouvernement français actuel semble croire que l’avenir est dans une idéologie transfrontalière. Il agit à contre temps. Il ne connait pas la force de l’histoire. Le marxisme est mort tout comme l’ultra-libéralisme mourra. Des équilibres se créeront reposant sur des relations de nation à nation. L’homme reviendra lentement au centre du débat politique.

Mais combien de temps nous faudra t-il pour réparer les dégâts ?
Je ne suis ni un vecteur de la lèpre, ni de la peste brune, mais je pense que l’avidité ne peut pas être à la base d’un système social. C’est l’homme qui est la clef de voûte de toute structure. Il doit être regardé et écouté. Il a besoin d’enthousiasme, de croire en l’avenir. Il a besoin de dignité et de respect. Il a besoin d’une patrie à aimer. Rien ne peut se faire contre lui. Rien ne peut se faire contre elle.

Henri ROURE
27 mars 2019


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