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Le piège des élections européennes ou pourquoi ce sont les seules élections auxquelles il ne faut pas participer - par Karine Bechet-Golovko

jeudi 14 mars 2019, par Comité Valmy


Le piège des élections européennes ou pourquoi ce sont
les seules élections auxquelles il ne faut pas participer

En mai, vont se dérouler les élections européennes, autrement dit l’élection des députés européens. Avant de se demander pour quel parti et député voter, il est important de se poser une autre question : veut-on que les décisions vitales pour le pays et la population soient prises, non plus au niveau national, mais à un niveau supra-national, indépendamment de l’intérêt national ? Si oui, il faut aller voter - peu importe que ce soit pour les uns ou les autres ; si non, alors il est fondamental de faire autre chose. S’habiller en jaune, s’occuper de ses proches, écrire une lettre, ouvrir un livre. Bref, rester dans la vie réelle. Celui de l’Etat et de la Nation, ce monde démocratique, autant qu’il soit possible de l’être. Un monde sur lequel, au moins, les populations peuvent avoir prise.

A l’approche des élections européennes, toute une série de sondages, plus engagés les uns que les autres sont organisés, avec le seul but de nous convaincre d’une chose : aller voter, le vote va de soi. Pour qui, cela est secondaire, mais il faut aller voter. Car il faut légitimer le système de l’Union européenne et un fort taux d’abstention est une catastrophe. Pour eux. Le Parlement européen a besoin de renforcer sa légitimité, puisqu’il est la vitrine "démocratique" du système européen, les députés étant élus au suffrage universel pour 5 ans. Cette institution est aussi l’organe de dissolution de la politique nationale : les députés ne sont regroupés ni par pays, ni en fonction des partis politiques auxquels ils peuvent appartenir dans leur pays d’origine. Ils défendent donc la politique européenne et les intérêts de l’Union européenne, non de leurs électeurs nationaux. D’autant plus que l’initiative normative appartient à la Commission européenne, non élue à la tête de laquelle se trouve Juncker.

Depuis toujours l’on entend parler du processus de réforme de l’Union européenne, qu’il faut encore améliorer, renforcer. La "réforme" de ce système ne va que dans un sens : attribuer de plus en plus de compétences à un système international supra-national. Et c’est aussi le cas particulier du Parlement européen, dont les compétences, notamment normatives, ne cessent d’augmenter. Mais d’où proviennent ces compétences européennes ? De l’Etat. Donc, il s’agit de transférer au coup par coup la substance de l’Etat vers une structure éloignée, multiculturelle, globaliste, en affaiblissant d’autant l’Etat, qui n’est plus alors en mesure de faire face aux problèmes qui obligatoirement se posent, en ressort discrédité, ce qui justifie un nouveau transfert de compétences, puisque de toute manière, il n’est plus apte à gouverner. Mais, comme l’expérience le montre, l’UE n’est non plus apte à gouverner, car elle défend d’autres intérêts, qui entrent en conflit avec ceux des Etats sur les questions sensibles. Des intérêts qui ne sont pas très populaires, pro-migrants, anti-sociaux, globalistes ...

Autrement dit, le processus de réforme de l’Union européenne ne peut durer que jusqu’à la chute de l’Etat et, paradoxalement de l’Union européenne, qu’il serait assez surprenant de pouvoir transformer en structure de type étatique. Pourtant, ce n’est pas faute de propagande. Des concepts "novlangués" provenant du champ conceptuel étatique ont été, sans grand succès, transférés. Ainsi, l’on tente de parler de "souveraineté européenne", comme ne cesse de le marteler Macron. Or, la souveraineté est juridiquement uniquement attachée à l’Etat et constitue sa condition d’existence. L’utiliser au sujet de l’Union européenne est au minimum un abus de langage, sinon une manipulation - anti-étatique. L’on peut également rappeler celui de "citoyenneté européenne". La citoyenneté établit le lien juridique entre un Etat et un individu, la formulation est amusante et ne convainc réellement que 26% des Français. Dans cette logique, l’on peut se demander quand la Novlangue envisagera une citoyenneté universelle de l’ONU, ce qui permettra de totalement détruire le concept, faute de différenciation dans l’identification. Cette démarche est finalement une forme de suicide. Politique, étatique, national.

Pour faire passer le plat, quelques glissements conceptuels accompagnent ce processus de légitimation de l’Union européenne, mis en parallèle de la délégitimation des Etats. Ainsi, le concept positif d’"étatisme" fait l’objet d’une assimilation au "nationalisme", lui ayant une connotation négative, tout comme la tout à fait fondée "souveraineté populaire" dans un système démocratique est renvoyée au "populisme".

Finalement, aller voter aux élections européennes, c’est légitimer cette démarche anti-étatique, anti-populaire et anti-démocratique. Car, quels que soient les partis représentés, quels que soient les députés élus, ils participent à ce jeu, jouent selon des règles qu’ils ne peuvent changer. Ils peuvent parfois légèrement les infléchir, mais dans un cadre sur lequel ils n’ont aucune prise. Autrement dit, ils contribuent à la dépossession de la souveraineté nationale et populaire, à la destruction de l’intérêt national, qu’ils peuvent retarder ou accélérer selon leurs convictions idéologiques, mais que, in fine, ils provoquent.

D’eux-mêmes, les partis ne renonceront pas à participer aux élections européennes, ils sont dans le jeu, ils placent leurs hommes, qui font leur carrière, qui ont des intérêts propres. Seul le désaveu des électeurs, le rejet profond exprimé par l’abstention est un moyen d’influencer ces structures, qui ne se priveront pas spontanément du pain qui les nourrit. Il ici est fondamental de rappeler la signification de l’abstention, qui exprime le rejet populaire non pas des participants, mais du processus en lui-même. On l’explique souvent, pour en réduire l’importance, par la nonchalance, le peu d’intérêt, l’absence de conviction plus que la conviction. Mais c’est justement un système qui n’arrive pas à convaincre, qui n’est pas légitime. Et l’abstention est un paramètre à prendre en compte.

Car le véritable combat, pour les forces politiques opposées à la dissolution européenne de l’Etat, doit se mener au au niveau national, le reste est une dangereuse illusion.

Karine Bechet-Golovko
lundi 11 mars 2019

Russie politics


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