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Soros annonce l’agonie de l’UE et
lui propose le modèle de l’URSS des années 50
par Karine Bechet-Golovko

jeudi 14 février 2019, par Comité Valmy


Soros annonce l’agonie de l’UE et
lui propose le modèle de l’URSS des années 50

Ce 11 février, l’artisan des révolutions de couleur, George Soros a publié une tribune comparant l’UE aujourd’hui à l’URSS de la fin des années 80, quand les membres du Politburo adoptaient encore leurs oukases, alors que le système s’effondrait. Si la presse anglo-saxonne a largement couvert l’évènement, la presse française est restée très discrète. Il y aurait pourtant beaucoup de choses à dire sur les perspectives totalitaires assumées de l’UE.

Dans un article intitulé " L’Europe doit absolument se réveiller !", l’incontournable G. Soros s’inquiète de l’avenir de l’enfant chéri du globalisme atlantiste - l’UE, qui a réussi à réduire à néant l’influence des grandes nations européennes, laissant la voie libre aux Etats-Unis. Mais les peuples se réveillent, les intérêts globaux ont du mal à être défendus de manière prioritaire par rapport aux intérêts nationaux, l’intérêt de la caste dirigeante globaliste s’écarte trop de l’intérêt des peuples européens et les partis politiques ne sont plus aptes à maintenir l’illusion d’une souveraineté populaire, sinon nationale.

Tout à coup inquiet des mouvements révolutionnaires, d’une technique qui peut lui échapper et vivre sa vie, comme nous le voyons avec le mouvement des Gilets Jaunes, Soros appelle l’UE à se réveiller si elle ne veut pas terminer comme l’Union Soviétique. Car rien n’est éternel, encore moins les projets artificiels.

Le combat qui va monopoliser toutes les forces doit être celui des élections européennes de 2019, nous le sentons déjà en France, avec les accusations d’a priori ingérence russe, devant masquer le risque réel d’un échec électoral. A cela, Soros met en avant quelques raisons :


Il faut malheureusement s’attendre à ce que les forces anti-européennes bénéficient d’un avantage comparatif dans les urnes. Parmi les raisons qui l’expliquent, interviennent l’obsolescence du système des partis qui prévaut dans la plupart des pays européens, l’impossibilité pratique d’un changement de traité, ainsi que le manque d’outils juridiques permettant de discipliner ceux des États membres qui enfreignent les principes sur lesquelles l’Union européenne a été fondée. L’UE peut certes imposer l’acquis communautaire (le corpus des lois de l’Union européenne) aux pays candidats, mais elle n’est pas suffisamment en capacité de contraindre les États membres à respecter les règles.

Soros propose, finalement, à l’UE de renforcer ses prédispositions autoritaires. L’heure de l’attrait étant terminée, il faut se maintenir par la force, par la contrainte. C’est évidemment une certaine vision des "valeurs européennes".

L’autre point intéressant est le constat de l’échec objectif du système des partis politiques nationaux à protéger les intérêts européens. Il faut dire qu’ils furent créés dans un autre but justement, et que la parodie des partis européens ... reste une parodie. Soros formule ainsi :


Le système des partis appliqué dans les États individuels reflète des divisions qui valaient principalement aux XIXe et XXe siècles, telles que l’opposition entre le capital et le travail. C’est aujourd’hui le clivage entre pro-européens et anti-européens qui importe le plus.

Ici l’on voit l’impasse de ce projet globaliste. Aucun parti politique ne peut diriger dans le cadre du principe majoritaire en jouant cartes sur table et en annonçant la primauté des intérêts globaux sur les intérêts nationaux, car il perdra toute élection - non truquée. C’est pourquoi les globalistes sont "obligés" d’avancer masqués, à l’intérieur de partis dits de droite ou de gauche, fractionnant ces structures en groupes globalistes et souverainistes. Souvenez-vous de la fracture Juppé / Fillon. Et du sort médiatique de Fillon.

En menaçant l’UE de risquer de ressembler à l’Union Soviétique des années 80, Soros lui propose de ressembler à celle, certes plus solide, des années 50.

Sur le fond, avec la résurgence des mouvements populaires (dits populistes, pour être dénigrés), l’on voit clairement l’échec du modèle globaliste proposé, rejeté par les populations, qui demandent que leurs intérêts réels soient pris en compte et dominent sur les intérêts de certains groupes transnationaux. La question de l’immigration de masse soutenue par l’UE, afin de déstabiliser les sociétés européennes et les rendre plus fragiles, donc plus dociles (diminer le social, renforcer la dérégulation, etc), est l’un des exemples qui a conduit à un échec intérieur électoral fort et à un rejet de l’UE dans la population. Autrement dit, les points cardinaux de l’idéologie dominante sont rejetés par les populations, et ne peuvent passer que s’ils sont cachés. La manipulation est indispensable. Soros formule ainsi le problème :


L’Italie connaît une difficile situation comparable. L’UE a commis une erreur fatale en 2017, en exécutant strictement l’Accord de Dublin, qui pèse d’un poids injuste sur des pays comme l’Italie, où pénètrent dans un premier temps les migrants pour entrer dans l’UE. Ceci a poussé en 2018 un électorat à dominante pro-européenne et pro-immigration dans les bras de la Ligue du Nord et du Mouvement 5 étoiles, partis opposés à l’Europe. Auparavant dominant, le Parti démocrate se retrouve dans le désarroi. Résultat, une part significative de l’électorat, qui demeure favorable à l’Europe, ne dispose d’aucun parti pour lequel voter. Une tentative est néanmoins en cours pour l’organisation d’une liste pro-européenne unie. Une réorganisation similaire du système des partis s’opère actuellement en France, en Pologne, en Suède, et probablement ailleurs.

Et pour l’instant, c’est l’impasse :


Difficile d’imaginer comment les partis pro-européens pourraient sortir victorieux des élections du mois de mai, à moins qu’ils fassent primer les intérêts de l’Europe sur les leurs. Il demeure possible d’appeler à la préservation de l’UE, pour mieux la réinventer en profondeur. Ceci exigerait toutefois un changement de mentalité dans l’UE. Le leadership actuel rappelle en effet le politburo au moment de l’effondrement de l’Union soviétique – continuant d’émettre des oukases, comme s’ils avaient encore une signification.

Pour cela, on en revient toujours à l’ennemi, indispensable pour consolider ce qui est inconsolidable en temps de paix. Et ici la propagande masse, le contrôle de l’information et des discours qui se met en place dans nos pays, sont indispensables pour reformater les opinions publiques :


La première étape dans la défense de l’Europe face à ses ennemis, intérieurs et extérieurs, exige de reconnaître l’ampleur de la menace qu’ils représentent.

Le second conseil est de lancer des sortes de "komsomoltsy" européanistes et fanatiques, qui doivent réveiller les consciences pro-européennes endormies et conduire les peuples européens sur la voie salvatrice de la dissolution globaliste :


La seconde consiste à réveiller la majorité pro-européenne dormante, ainsi qu’à la mobiliser pour défendre les valeurs fondatrices de l’UE

Sinon, pour Soros, ce sera l’échec. Chers amis, finalement, ce texte est une excellente nouvelle. Le système de l’UE a pour perspective soit de s’écrouler, soit de se transformer en organisation totalitaire, ce qui de toute manière conduira à sa perte. L’impasse de l’idéologie globaliste a parfaitement été formulée par Soros. Et nous l’en remercions. C’est peut-être pour cela que la presse française macronisée est à ce point discrète ...

Karine Bechet-Golovko
jeudi 14 février 2019

Russie politics


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