COMITE VALMY

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Gilets Jaunes :
dangereux dérapage officiel
Strategika 51

lundi 14 janvier 2019, par Comité Valmy


En attendant, les médias dits « mainstream » ou « système » font mine de s’interroger sur le rejet massif de la narration officielle de la propagande-système par une proportion croissante de l’opinion.

Or, les gilets jaunes semblent avoir entendu le président de la République et ses propos sur ce sens de l’effort qui semble avoir été oublié par une majorité de citoyens. Ils promettent de fournir un effort après l’Acte IX !

Plus sérieusement, ce n’est pas une éventuelle radicalisation (il faut prêter une attention redoublée aux termes) des gilets jaunes mais le discours officiel autour des gilets jaunes qui est sujet à une très forte inquiétude : une analyse sémantique des déclarations officielles sur le mouvement des gilets jaunes indique de manière claire la décision du pouvoir d’État de traiter ce mouvement de citoyens en colère comme une menace sécuritaire de type 1 et donc le combattre par tous les moyens possibles, de préférence par la manipulation.

La narration officielle devenant de plus en plus agressive et à ce rythme, à la menace implicite (« Vous êtes complices de la violence en assistant simplement à un rassemblement ») se substituera une menace de plus en plus spécifique. Ce cheminement est connu. Il a été utilisé par les régimes autoritaires à poigne déguisé sous un mince vernis démocratique (uniquement pour l’image à l’international) pour « finalement écraser toute velléité de revendication quelle qu’elle soit ! »

L’heure est grave. La France est à la croisée des chemins. Si un gouvernement s’avère incapable de gérer des manifestations où des débordements sont inévitables, cela veut dire que l’exécutif, lequel n’est qu’un fusible du système, n’a plus les moyens de sa politique et ne sert que de piètre paravent technocratique à un État profond constitué de coteries mafieuses dotées d’un pouvoir de nuisance quasi-illimité si la propagande fonctionne. Problème, la propagande ne fonctionne plus. Le système s’est grippé. Pris à son propre piège, il n’a plus que la répression et l’usage du monopole exclusif de la violence et cette dernière n’est pas uniquement physique.

Cette tendance est dangereuse : le fait de désigner un adversaire, qui plus est, un contribuable ou un administré, comme une menace à l’ordre établi et le considérer comme un terroriste ne fera in fine qu’aggraver la somme des problèmes et ne résoudra rien. La paix des prisons n’existe pas.

Strategika 51
12 janvier 2019


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