COMITE VALMY

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« La taxe carbone
est sans effet sur les émissions de CO2 »
Tribune Collective

jeudi 22 novembre 2018, par Comité Valmy


« La taxe carbone est sans effet
sur les émissions de CO2 »

FIGAROVOX/TRIBUNE - Dans une tribune collective, plusieurs anciens élèves de Polytechnique et HEC remettent en cause le calcul actuel de la taxe carbone. Selon lui, si celle-ci ne sert qu’à financer l’arrêt du nucléaire, alors elle restera sans effet sur les émissions de CO2.

Daniel Fischer, Henri Prévot, Rémy Prud’homme, Pascal Remy, Daniel Reydellet, Frédéric-Georges Roux, Hervé Soufflet, Brieuc du Halgouët, Jean-Michel Yolin sont d’anciens élèves de Polytechnique et HEC.

La hausse des prix du carburant, du fioul et du gaz, la façon de calculer la taxe CO2

Quand le prix du pétrole a baissé, l’augmentation de la taxe CO2 n’a pas empêché une baisse des prix et une augmentation de la consommation de carburant ; aujourd’hui, la brutalité de la hausse du prix payé par les consommateurs est choquante et l’on s’interroge : la taxe CO2 continuera-t-elle à augmenter si le prix du pétrole augmente (on a connu un prix de 150 $/bbl) ? .

On est généralement d’accord pour réduire la consommation française de carburant pétrolier, fioul et gaz, que ce soit pour diminuer nos émissions de CO2, pour diminuer notre dépendance à l’égard des pays arabes et de la Russie ou pour nous prémunir contre une hausse du prix du pétrole. Il nous faut donc, massivement, faire des travaux d’isolation thermique, utiliser des pompes à chaleur et des véhicules électriques ou hybrides rechargeables et produire du biocarburant de seconde génération. Les niveaux de prix du fioul, du gaz et du carburant qui rendront cela économiquement intéressant ne dépendent pas du prix du pétrole. Pour le carburant, ce prix serait atteint en 20 ans selon une trajectoire indépendante du prix du pétrole avec une hausse annuelle du prix à la pompe de 2 ou 3 c€ par litre. Pour cela, la taxe CO2 serait fixée chaque année selon le prix du pétrole, sans être négative car les caisses de l’État sont vides. Les ménages dont les revenus sont faibles recevraient une aide au titre de la solidarité nationale..

La taxe CO2 serait alors beaucoup mieux acceptée car sa raison d’être sera clairement affichée (rendre économiquement intéressantes des décisions qui réduisent nos émissions de CO2) et elle atténuerait l’effet des fluctuations du prix du pétrole, ce qui diminuerait l’incertitude. .

On est généralement d’accord pour réduire
la consommation française de carburant pétrolier.

Elle serait mieux acceptée également si le produit de l’impôt était entièrement utilisé pour aider au financement d’actions qui diminuent effectivement les émissions de CO2. Or une partie de la taxe CO2 sert déjà et servira de plus en plus à financer des éoliennes et du photovoltaïque qui, en remplaçant du nucléaire, n’ont aucun effet sur les émissions de CO2. .

L’arrêt d’une centrale nucléaire comme celle de Fessenheim augmente les émissions de CO2

La centrale nucléaire de Fessenheim a une capacité de 1,7 GW (gigawatt) et produit 11,1 TWh (des millions de mégawattheures) par an. Après son arrêt, les exportations d’électricité diminueront mais, pour répondre à chaque heure à la consommation, la production à partir de gaz augmentera de 3,2 TWh . Dans les pays voisins, la baisse des exportations françaises sera remplacée par une production à partir de gaz ou de charbon. En tout, une hausse des émissions de 6 millions de tonnes de CO2 par an. Le coût du CO2 (50 à 100 € par tonne à l’avenir) et le manque à gagner dû à la baisse des exportations, c’est plus de 500 millions d’euros par an. .

Le Président de la République a dit que l’arrêt de réacteurs nucléaires ne doit pas causer de hausse des émissions françaises de CO2. En conséquence, avec l’arrêt de 1,7 GW nucléaire, pour pouvoir répondre à chaque instant à la demande, il faudra 7,5 GW d’éoliennes ou 18,5 GW de panneaux photovoltaïques. Sur toute l’année, ils pourront produire plus que ce dont on a besoin en France mais pas toujours au bon moment. On pourrait donc en exporter beaucoup, mais ce serait à des moments où il y aura partout en Europe abondance de soleil ou de vent. Il ne sera donc pas possible de tout exporter et les prix seront bas. Au total, l’arrêt de 1,7 GW nucléaire, comme à Fessenheim, sans augmentation ni diminution des émissions de CO2 coûterait 800 à 900 millions d’euros par an..

Il appartient aux élus de veiller
au bon usage des fonds publics.

Or il est question de réduire à 50 % la part du nucléaire, c’est-à-dire de réduire la capacité nucléaire de plus de 20 GW. La hausse de la taxe CO2 sur le carburant, le fioul ou le gaz servira alors à financer par milliards d’euros des opérations qui ne diminuent pas les émissions. Nous nous adressons à vous au moment où s’élabore la PPE (programmation pluriannuelle de l’énergie) car il appartient aux élus de veiller au bon usage des fonds publics.

16 novembre 2018


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