COMITE VALMY

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Syrie : Les raisons du report
de la bataille pour la libération d’Idlib
Par Moon of Alabama

vendredi 21 septembre 2018, par Comité Valmy


Syrie : Les raisons
du report de la bataille pour la libération d’Idlib

Depuis le début, Southfront a une bonne vision du rôle de la Turquie dans la guerre contre la Syrie. L’article comprend une liste des groupes que la Turquie soutient actuellement et donne un aperçu de ses projets concernant la Syrie :

Stratégie turque dans le nord de la Syrie : Les opérations militaires, les groupes soutenus par la Turquie et le problème d’Idlib.

La conclusion :


Dans la réalité militaire et diplomatique actuel autour de la crise syrienne, Ankara poursuit les objectifs tactiques suivants :


•Éliminer ou au moins désarmer et limiter l’influence des groupes armés kurdes, soutenus par les États-Unis, dans le nord de la Syrie ;
•Renforcer et unifier l’opposition pro-turque et éliminer toute résistance à son encontre, y compris, dans certains scénarios, en éliminant Hayat Tahrir al-Sham et ses alliés ;
•Faciliter le retour des Syriens réfugiés en Turquie dans les zones syriennes sous son contrôle ;


Si ces objectifs sont atteints, Ankara augmentera considérablement son influence sur le règlement diplomatique de la crise et sur l’avenir de la Syrie d’après-guerre. Les réfugiés de retour au pays et les partisans de groupes militants dans la partie de la Syrie contrôlée par la Turquie deviendront une base électorale pour les personnalités et les partis politiques pro-turcs en cas d’application du scénario pacifique. Si aucun accord diplomatique à grande échelle sur le conflit n’est conclu, il faut envisager la possibilité d’un quasi-État pro-turc dans le nord de la Syrie, confirmant la thèse selon laquelle Erdogan cherche à construire un empire néo-ottoman.

Elijah J. Magnier confirme que l’opération syro-russe de libération d’Idlib est en suspens mais pas annulée :


Ce qui est clair jusqu’à présent, c’est la certitude que le président Assad n’est pas prêt à céder Idlib au président Erdogan. On dit qu’Assad serait prêt à commencer l’attaque dans quelques semaines, même seul, au risque d’entraîner tout le monde derrière lui sur le champ de bataille.

L’opération doit attendre que les élections au Congrès américain soient terminées et que le danger d’une escalade américaine pour des raisons de politique intérieure s’estompe. La Russie craint également qu’une attaque contre Idlib à l’heure actuelle ne réunisse à nouveau les États-Unis et la Turquie et ne conduise à une nouvelle attaque coordonnée contre la Syrie.

Thomas Seibert, dans The Arab Weekly, souligne un changement à venir qui réduira ce risque :


Moscou attendrait jusqu’en octobre ou novembre avant d’ordonner une attaque générale, car le Kremlin s’attend à ce que la crise dans les relations turco-américaines s’aggrave encore d’ici là. (…)


L’action globale commencera à un moment où la Turquie aura désespérément besoin du soutien de la Russie et Ankara n’ajoutera probablement pas une crise avec la Russie à ses difficultés avec les États-Unis, a déclaré [Kerim Has, un analyste des relations russo-turques basé à Moscou,]. Les sanctions américaines contre l’industrie pétrolière iranienne à partir de novembre sont l’une des raisons pour lesquelles les tensions entre la Turquie et les États-Unis pourraient bientôt s’aggraver. La Turquie achète environ la moitié de ses importations de pétrole brut à l’Iran et a déclaré qu’elle ne respecterait pas les nouvelles sanctions.

Mais la Turquie ne veut toujours pas expulser al-Qaïda de Syrie. Elle veut pouvoir utiliser le groupe tout en le gardant sous son propre contrôle. Ce sont d’excellentes troupes de choc qui, si elles étaient transférées à Jarablous, dans la zone du bouclier de l’Euphrate, pourraient potentiellement être utilisées contre les Kurdes soutenus par les États-Unis dans le nord-est de la Syrie :


Le gouvernement d’Erdogan propose de transférer des groupes extrémistes tels que Hayat Tahrir al-Sham (HTS), une alliance dirigée par l’ancien affilié syrien d’al-Qaïda, du sud et de l’ouest d’Idlib vers le nord de la province ou vers Afrine et Jaraboul, deux régions du nord du pays sous contrôle turc. (…)


Les médias ont indiqué que la Turquie allait ensuite déployer des forces rebelles du Front national de libération (NFL) soutenu par Ankara pour prendre des positions abandonnées par le HTS.

La Turquie n’a que peu de chances d’y parvenir. Aujourd’hui même, HTS a publié une fatwa contre le drapeau turc à Idlib. D’autres groupes djihadistes d’Idlib ont également fait des déclarations contre «  l’armée turque apostate » et sa présence à Idlib.

Il est probable que la situation en Syrie va maintenant se calmer pendant un certain temps avant de s’aggraver à nouveau dans deux mois, lorsque l’opération de libération d’Idlib sera menée à son terme.

Moon of Alabama

Traduction : le Saker Francophone


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