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L’ennemi commun des peuples

Un livre pour notre temps,
un temps qui a peut-être vécu
Par Paul Craig Roberts

samedi 15 septembre 2018, par Comité Valmy


Un livre pour notre temps,
un temps qui a peut-être vécu

« La suprématie américaine après la Seconde Guerre mondiale », écrit Andrei Martyanov dans son livre, Losing Military Supremacy, publié par Clarity Press, « a été détruite par le narcissisme américain. »

L’hybris arrogant de l’exceptionnalisme américain et les mythes qui le soutiennent font l’objet d’analyses dévastatrices dans ce livre longtemps attendu. Martyanov n’a aucune patience avec les penseurs stratégiques américains, les experts russes, les mythes de guerre américains et le général George S. Patton. Aucune nation n’a jamais rassemblé une plus grande collection d’idiots ignorants que les États-Unis et leur a confié la direction du pays.

La conséquence pour l’Amérique de l’image irréelle d’elle-même dans laquelle vivent les élites dirigeantes est un «  déclin très dangereux des facultés cognitives américaines » et une « perte complète de raisonnements sains dans toutes les activités nationales allant de la politique étrangère à l’économie, la guerre, et la culture. » L’hégémonie revendiquée et poursuivie par les néoconservateurs, les interventionnistes libéraux et les patriotes volubiles est incompatible avec l’incompétence et les illusions des élites américaines au pouvoir.

Prenez quelque chose d’aussi simple que le pouvoir militaire. Sans base manufacturière et industrielle moderne, un pays n’a aucune chance d’être une puissance militaire. Ce fait a échappé à Wall Street, aux titans de l’industrie américaine et aux dirigeants politiques qui ont permis la délocalisation des emplois industriels américains vers l’Asie, renforçant ainsi la puissance chinoise et désindustrialisant les États-Unis, prétendue « superpuissance » qui dépend du titane et des moteurs russes pour sa production aéronautique.

Il a également échappé aux élites américaines que les sanctions appliquées à la Russie ont renforcé les capacités et l’autonomie de celle-ci. Les sanctions de Washington rendent la Russie plus puissante.

Regardez l’éducation. Une armée moderne a besoin de personnes capables en physique et en mathématiques avancées, sujets dans lesquels les Russes ont toujours excellé, comme l’a reconnu en 1953 l’amiral Hyman Rickover. Dans la Russie pré-Poutine, les efforts de Washington pour « occidentaliser » l’éducation russe ont échoué. Mais ces efforts ont réussi en Amérique, où des revendications politiquement correctes pour l’obtention de performances égales au sein d’un corps étudiant diversifié, doté de talents et de motivations différents, ont dilué le contenu des cours. Tout le monde doit avoir la même note, mais, que les cieux me pardonnent, les différences politiquement incorrectes existent.

Dans les lycées publics, les tests standardisés ont permis de mémoriser les vaches sacrées traditionnelles au lieu d’apprendre à raisonner. En effet, aux États-Unis, le terme éducation publique est devenu un oxymore. La délocalisation des emplois a également fait des ravages à l’environnement technologique américain. La plupart des personnes impliquées dans des activités numériques aux États-Unis sont probablement des personnes originaires de l’Inde ayant un visa de travail.

Quand les élites d’un pays se considèrent au-dessus des autres – rappelez-vous les applaudissements reçus par John McCain décrivant la Russie comme une « station-service prétendant être un pays », elles ont tendance à se passer de la diplomatie et à s’appuyer plutôt sur des menaces et sur la coercition, comme avec le président du Pakistan qui s’est entendu dire par un fonctionnaire du département d’État, «  Faites ce qu’on vous dit ou nous vous bombarderons pour vous renvoyer à l’âge de pierre ».

Washington masque ses intentions en termes moraux, se présentant comme un défenseur de la démocratie et des droits de l’homme alors qu’elle a détruit, en tout ou partie, sept pays au XXIe siècle dans sa poursuite d’une hégémonie aboutissant à une attaque irresponsable et imprudente contre l’intérêt national russe.

Martyanov ne comprend pas le calcul fondamentalement erroné de l’armée américaine qui, face à la Russie, pense avoir affaire avec une puissance militaire insignifiante. En fait, c’est l’Amérique qui a investi la richesse du pays dans une force fantôme, alors que la Russie dispose de capacités contre lesquelles les États-Unis n’ont aucune défense.

Dans un discours du 1er mars 2018 à l’Assemblée fédérale de Russie, le président Vladimir Poutine a décrit plusieurs de ces capacités, dont certaines sont actuellement déployées par les forces russes présentes en Syrie. Le point crucial est le suivant : les armes russes actuellement déployées font que la totalité de la marine américaine, toutes les flottes de porte-avions, sont absolument sans défense et obsolètes. La supériorité russe sur la scène syrienne est si totale, si complète que les États-Unis ne peuvent pas attaquer la Syrie sans l’autorisation de Poutine.

Martyanov mentionne l’engouement pour la civilisation occidentale d’une strate de l’élite russe, une élite créée par l’influence américaine et israélienne. La question est de savoir si, cette fois-ci, Poutine autorisera, comme il l’a fait par le passé, une autre frappe américaine contre son allié, que la Russie a aidé à rejeter hors du territoire syrien les forces américaines organisées et leurs mercenaires envoyés pour envahir la Syrie.

Dans le passé, Poutine, peut-être influencé par les néolibéraux russes vénérant les États-Unis, autorisa les frappes de Washington, que ce dernier justifiait par des arguments que Poutine savait être mensongers.

La question est de savoir si Poutine, dans son vain désir d’apaiser Washington, va toujours autoriser les frappes américaines contre l’allié de la Russie. A-t-il envoyé dans l’arène de combat des forces russes capables d’anéantir à volonté toutes les forces américaines présentes, à coût nul pour la Russie, ou les a-t-il envoyées comme menace potentielle sachant qu’il n’a pas l’intention de la mettre en œuvre.

Bogdasarov dit que la seule chose qui arrêtera les provocations constantes et croissantes contre la Russie, c’est que celle-ci détruise non seulement tous les missiles américains entrant en Syrie, mais aussi toutes les plateformes de lancement.

Bogdasarov a raison. Poutine a laissé aller trop loin l’agression gratuite américaine. Il faut arrêter maintenant, avant que la seule alternative pour lui soit la capitulation de la Russie ou la guerre nucléaire.

L’armée russe ne permettra pas à Poutine de livrer la Russie à Washington.

La guerre nucléaire soulève la question de savoir si la planète survivra.

Si Poutine recule encore en Syrie, la perspective de guerre nucléaire augmente de manière dramatique.

L’ennemi le plus dangereux affronté par la Russie et la vie sur terre n’est pas Washington, mais l’Occident décervelé, les intégrationnistes atlantistes en Russie adorant l’Occident. Ces personnes complètement stupides, sauf à être éliminées, détruiront le monde.

Paul Craig Roberts
– Le 29 août 2018

Traduction : le Saker Francophone

– Source


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