COMITE VALMY

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Les deux élections municipales du 12 décembre :
LES PARTIS QUI SE RECLAMENT DE LA « GAUCHE » EN ECHEC - Jean Lévy

mercredi 15 décembre 2010, par Comité Valmy


Le candidat communiste communiste Bruno Piriou, à Corbeil-Essonne


LES RESULTATS

(tableau chiffré en fin d’article)

Hier, dans deux villes de la région parisienne, à Corbeil-Essonnes (91) et à Noisy-le Sec (93),les électeurs étaient appelés à choisir entre les listes ouvertement de droite et celles, unies, qui se réclamaient de la « gauche ».

Dans les deux localités, les candidats du PCF menaient la liste d‘union.

A Corbeil, on votait pour la troisième fois en un an, à la suite de l’annulation des deux précédents scrutins pour « irrégularités » commises par des partisans de l’avionneur Serge Dassault, élus, par deux fois, grâce à des pratiques mafieuses, à quelques voix de majorité.

A Noisy-le-Sec, la liste communiste devançait au premier tour, la liste socialiste sortante et totalisait avec celle-ci une majorité potentielle de voix.

Cependant, dans les deux cas, de 55% à 60% des électeurs n’ont pas participé au scrutin, phénomène récurrent dans toutes les élections, en France, depuis plusieurs années.

Au deuxième tour, la droite l’emporte dans les deux cas :

à Corbeil, avec, cette fois, quelques centaines de voix d’avance,

à Noisy-le-Sec, contre toute attente, avec 54,72% des suffrages exprimés.

DES ESPOIRS DECUS

Ce double grave échec pour la « gauche » en général, et le PCF, en particulier, devraient poser des questions à ses dirigeants.

Ces élections se déroulaient quelques semaines seulement après la plus puissante mobilisation populaire réalisée depuis 1968. Dirigée contre la « contre-réforme » du régime des retraites imposée par le pouvoir, au plus bas des sondages, cette mobilisation avait reçu l’appui de 70% des Français.

On aurait pu penser que ce climat aurait des répercussions politiques en faveur des partis qui se réclament de « l’opposition ».

.

CE 12 DECEMBRE PROUVE LE CONTRAIRE

La bataille sociale d’envergure n’a pas engendré de poussée de la « gauche », au contraire. Les électeurs ont, une fois de plus, boudé massivement les urnes, malgré l’enjeu du scrutin, très disputé. Il se peut aussi que, marginalement, le PS n’ait pas « joué le jeu », une fraction de ses électeurs n’ayant pas reporté leurs voix sur la liste dirigée par un membre du PCF

Ce qui, au second tour, favorise la droite !

Mais est-ce l’essentiel ?

LES RAISONS D’UN ECHEC

Le soutien apporté par les partis communiste et socialiste à la stratégie démobilisatrice des centrales syndicales, dont la CGT, a systématiquement freiné la lutte et conduit celle-ci à l’échec.

Rappelons-nous : le refus des partis dits de « gauche » d’engager tout le long des semaines de conflit le combat frontal contre le projet gouvernemental et l‘obstruction mise à toute perspective de généralisation de la grève, ont permis au pouvoir d’arriver à ses fins.

D’où l’amertume ouvrière, face à un combat perdu, malgré une mobilisation historique.

UN DIVORCE ENCORE PLUS PROFOND

Mais il y a divorce plus profond entre les masses populaires et « l’opposition ».

Il a pour sources, d’une part, le positionnement européen sacralisé par le PS, dont les leaders français se font les chantres de l’économie de marché et se découvrent ainsi comme les défenseurs du capital.

D’autre part, l’ancrage du PCF dans les billevesées d’une « Europe sociale », ont abandonné tous les principes de la lutte de classe et la perspective d’un changement révolutionnaire de société, pour se faire les « porteurs d’eau » des socialistes pour quelques mandats parlementaires.

Ces attitudes écartent les électeurs ouvriers des urnes, ne voyant pas d’issue véritable à la crise dont ils sont victimes, ni d’alternative à leurs conditions de vie, chaque jour davantage dégradées.

Et ces électeurs désabusés sont confrontés à la seule démagogie sociale du Front national, qui leur est présenté, complaisamment par les médias, comme le seul parti soucieux d’indépendance nationale et de souveraineté populaire.

UNE ABSENCE QUI PESE LOURD

Cette absence, c’est celle d’une force populaire, visible et crédible, résolument porteuse d’espoir révolutionnaire.

Cet espoir, c’est la rupture avec le capital, le marché, la concurrence « libre et non faussée », et avec ses instruments de domination : l’Union européenne, l’Otan, qui crée le désespoir de notre peuple.

Les Français, dans leur masse, en ont confusément conscience.

Mais aucune force politique, ayant pignon sur rue et poids électoral, ne les guide dans cette voie.

Tel est le drame, en France, aujourd’hui.

Et l’urgence à y remédier ;

RESULTATS CHIFFRES

Municipale à Noisy-le-Sec

RESULTATS DU SECOND TOUR

La liste de la droite emmenée par Laurent Rivoire (Nouveau Centre) a remporté dimanche au second tour la municipale partielle de Noisy-Le-Sec (Seine-Saint-Denis) avec 54,72% des suffrages, face à celle de la gauche conduite par Gilles Garnier (PCF) qui a obtenu 45,28% des suffrages.

Le taux de participation s’est élevé à 40,11%

RESULTATS DU PREMIER TOUR

Inscrits : 18.895

Votants : 6.894

Exprimés : 6.720

Abstention : 63,51%

Liste Garnier (PCF) 2.298 (34,20%)

Liste Rivoire (NC) 2.253 (33,53%)

Liste Pereira-Lemaître (PS) 1.161 (17,28%)

Liste Deleu (UMP) 1.008 (15%)

Municipales de Corbeil-Essonnes

RESULTATS DU DEUXIEME TOUR

Le taux d’abstention s’est établi à 53,13% (46,87% de participation)

UMP : 53,71% 5266 votants

Union de gauche :46,29% 4497 votants


Lors du premier tour, la liste de l’UMP était arrivée en tête, avec 47,24% des voix.

Celle de Bruno Piriou avait obtenu 45,22%.

177 voix séparaient les deux listes.

Une troisième liste droite dissidente totalisait 7,10%

4 Messages de forum

  • continuer à bricoler avec le capital, - taxe Tobin - taxe ceci - taxe machin - on le laisse en place. Ca s’apparente à de la collaboration. J’ai entrepris un sondage d’opinion sur les nationalisations de tous les grands secteurs de l’économie, l’’énergie, l’agro-alimentaire, la chimie, qui nous euthanasie, etc... les gens sont d’accord à CENT POUR CENT ! Les gens signent la pétition réclamant ces nationalisations ! Certains "économistes" disent qu’elles ont échoué en 1945 et 1981 et dans les pays de l’Est ; on n’est pas obligés de répéter les erreurs : étatisation, manque de démocratie dans la gestion, choix de gestion, etc... mais LE PRINCIPE DEMEURE. La contradiction antagoniste entre le Capital et le Travail ne peut se résoudre que par l’appropriation du Capital par le peuple. Combien de temps encore les dirigeants du PCF vont-ils freiner ? un militant PCF.
  • Et si la conduite d’une liste par le PCF n’était, tout simplement, plus porteuse de victoire ou de succès ou encore si le PCF n’inspirait plus confiance au peuple ?

    Ne faudrait-il pas pour réveiller ce derneir que tous les partis ou groupuscules proches de l’idéal communiste abandonnent leur égo et leur prétention à faire chacun seul de son côté la révolution et qu’ils se regroupent après des "primaires" (eh !oui !) pour désigner une forme de "constiutuante" d’une nouvelle organisation.

    Ne conviendrait-il, aussi et enfin, d’abroger l’imbécile charte d’Amiens qui sépare les syndicats des partis, qui visent in fine le même objectif car tout est politique ! Sans cela on continuera à se diviser et de se réjouir, les uns et les autres, de gagner quelques dizièmes de points avec 7 ou 8 paris (voire candidats à la présidentielle !!) : nous serions des alliés objectifs de la droite.

  • Le diagnostic de cet article est tout à fait juste concernant la partie des classes populaires qui, jusqu’à présent, faisaient (de moins en moins) confiance aux partis de gauche et qui de PS en PCF et de PCF en NPA ne voient plus à qui faire confiance, vu les comportements de tous ces organismes en particulier lors du dernier mouvement de protestation de masse. En effet. Mais il y a encore un second phénomène qui s’ajoute au premier. Les classes populaires sont pour une part, comme on dit, ’"issues de l’immigration" et les campagnes de "communautarismes par en haut", cautionnées par les partis de gauche soit en silence (combien de candidats reflétant la diversité d’origine, et de sensibilités ?) soit de façon tonitruante (le duo Raoult UMP - Gérin PCF sur la question de ladite "burqa") ont contribué à écarter cette partie des classes populaires et de la jeunesse qui se sent sans avenir d’une part et stigmatisée dans sa dignité d’autre part. Cette double ignorance pousse la France vers la droite puisque seuls les conservateurs votent du coup.
  • Même si cela est utile, il est réducteur de limiter l’analyse aux seuls votants, lorsque près des 2/3 des inscrits s’abstiennent, même sur une partielle. Cela ne fait que conforter la tendance constante depuis 1984, à cette "américanisation" des comportements électoraux des français. Le recul de la CGT dans des secteurs où elle avait une implantation historique, après 6 mois de lutte, exige une analyse d’une grande riguer...En même temps, des discussions que l’on peut avoir ici ou là, je retiens que la majorité( ?) de ceux qui se sont engagés dans la bataille, n’a pas le sentiment"d’avoir perdu",contrairement à ce qu’affirme une gauche orléaniste. Pour mémoire en Octobre les grévistes à la RATP n’ont pas dépassé 500 environ, sur 40.000 salariés...ce n’est pas le mouvement de masse que voulaient... ceux qui n’ont guère de Pbs économiques.L’incertitude politique de la situation politique pour la gauche "d’alternative" (le martelage DSK) candidat "orléaniste "par excellence y contribue depuis longtemps et le martelage Marine Le Pen, pour très dangereux qu’il soit, pousse dans le même sens : une alternance à l’italienne.En Italie rien, absolument rien,ne peut encourager à une perspective de gauche alternative. Ce qui n’est pas le cas en France et c’est bien ce qui pose PB au Sociaux- Ecolo-libéraux : les grévistes et les manifestants de cette année, savent qu’ils existent des solutions solidaires, tout autres que celle de Sarko-Fillon. C’est là que l’alterance achoppe. Le Jeu reste entièrement ouvert. Tout est possible ; même Marine Le Pen.

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