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Selon Barenboïm, la loi israélienne « Etat-nation »
est une « forme claire d’apartheid »
Middle East Eye

mardi 24 juillet 2018, par Comité Valmy


Selon Barenboïm, la loi israélienne « Etat-nation »
est une « forme claire d’apartheid »

Un pianiste de renommée mondiale dit avoir honte d’être Israélien après l’adoption de la loi

Daniel Barenboïm, pianiste et chef d’orchestre de renommée mondiale, a qualifié la loi israélienne « Etat-Nation » de « forme très claire d’apartheid ».

Dans un article intitulé « Aujourd’hui, j’ai honte d’être un Israélien », écrit dans Haaretz on Sunday, Barenboïm a déclaré que la loi, votée jeudi, « confirme la population arabe comme citoyens de seconde zone ».

La loi a été adoptée par un vote de 62 voix contre 55 et deux abstentions parmi les 120 membres de la Knesset, le parlement du pays, après des mois de débats politiques.

Quelle est cette loi de l’État nation d’Israël ?

– En moins de 500 mots, la loi dit qu’Israël est la « patrie historique » et le « foyer national » du peuple juif

– Elle dit que seuls les Juifs ont le droit d’exercer leur autodétermination nationale en Israël

– Elle dit que Jérusalem est la capitale d’Israël et l’hébreu est sa langue

– Elle décrit la colonisation juive comme une « valeur nationale » à promouvoir par l’État

Le texte intégral de la loi israélienne sur l’état du peuple juif.

Après le vote, des membres palestiniens de la Knesset ont hurlé et déchiré des documents.

La loi donne aux Juifs la suprématie sur tous les citoyens israéliens non-juifs, ce que les critiques et les membres de la minorité palestinienne de l’Etat ont qualifié de raciste.

Barenboïm a rappelé qu’en 2004 il avait prononcé un discours à la Knesset, dans lequel il avait parlé de la déclaration d’indépendance de l’État d’Israël.

Il dit qu’il l’avait qualifié de « source d’inspiration pour croire aux idéaux qui nous ont transformés de Juifs en Israéliens ».

Barenboïm a déclaré : « Les pères fondateurs de l’Etat d’Israël qui ont signé la Déclaration ont considéré le principe de l’égalité comme le fondement de la société qu’ils étaient en train de construire.

« Ils se sont également engagés, et nous aussi, à » rechercher la paix et de bonnes relations avec tous les États et peuples voisins « .

« 70 ans plus tard, le gouvernement israélien vient d’adopter une nouvelle loi qui remplace le principe d’égalité et les valeurs universelles par le nationalisme et le racisme.

‘Persécution implacable’

En moins de 500 mots, la loi de l’État Nation accorde des droits exclusifs d’autodétermination nationale – le droit de décider des priorités nationales d’Israël, d’importance symbolique et pratique – pour les Juifs, d’où qu’ils vivent, d’Israël ou de l’étranger, et qu’ils aient ou non la citoyenneté israélienne.

La loi ne dit pas, notamment, que les citoyens palestiniens et les autres citoyens non juifs d’Israël ont droit à un traitement égal en vertu de la loi.

La loi donne également à l’hébreu un statut supérieur à celui de l’arabe, ce qui en fait l’unique langue officielle de l’État et réduit le dernier à une simple langue avec un « statut spécial ».

En effet, la loi de l’État-nation, qui, en tant que loi fondamentale, détient le pouvoir constitutionnel, signifie que le caractère ethnoreligieux d’Israël l’emporte sur son caractère démocratique.

Barenboïm, directeur musical général de La Scala, de l’Opéra national de Berlin et de la Staatskapelle de Berlin, a co-fondé, avec Edward Said, le West-Eastern Divan Orchestra, un orchestre de jeunes musiciens arabes et israéliens basé à Séville.

En tant que citoyen d’Argentine, d’Israël, de Palestine et d’Espagne, il a travaillé pendant des décennies, à travers sa musique, pour amener la réconciliation entre Israéliens et Palestiniens.

Barenboïm écrivait dimanche : « La condition d’occupation et de domination sur un autre peuple correspond-elle à la déclaration d’indépendance ? Y a-t-il un sens à l’indépendance de l’un au détriment des droits fondamentaux de l’autre ?

« Le peuple juif, dont l’histoire est un témoignage de souffrances continuelles et de persécutions incessantes, peut-il se permettre d’être indifférent aux droits et à la souffrance d’un peuple voisin ?

Quatorze ans plus tard, je crois toujours qu’en dépit de toutes les difficultés objectives et subjectives, l’avenir d’Israël et sa position dans la famille des nations éclairées dépendra de notre capacité à réaliser la promesse des pères fondateurs tels qu’ils l’ont canonisée dans la Déclaration d’lndépendance.

« Pourtant, rien n’a changé depuis 2004. Au lieu de cela, nous avons maintenant une loi qui confirme la population arabe comme citoyens de seconde zone, c’est donc une forme très claire d’apartheid ».

‘Les oppresseurs’

Les groupes de défense des droits disent qu’Israël discrimine ses citoyens non-juifs depuis que l’État a été fondé en 1948, pointant du doigt des douzaines de lois israéliennes qui imposent un traitement préférentiel aux Juifs.

Cependant, la loi aura un impact plus important et plus durable puisqu’elle consacre un système de droits à deux niveaux dans une loi fondamentale.

A la fin de son article, Barenboïm écrit : « Je ne pense pas que le peuple juif ait survécu pendant 20 siècles, principalement après des persécutions et des cruautés sans fin, pour devenir aujourd’hui les oppresseurs, infligeant de la cruauté aux autres.

« C’est exactement ce que fait cette nouvelle loi. C’est pourquoi,

aujourd’hui, j’ai honte d’être un Israélien. »

22 juillet 2018

Photo : Barenboim se décrit comme un citoyen d’Argentine, d’Israël, de Palestine et d’Espagne (Reuters)

Traduction : Avic – Réseau International

Source :


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