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Guerre d’Irak : les belles âmes en première ligne… mais à l’arrière
par Régis de Castelnau

jeudi 5 juillet 2018, par Comité Valmy


Guerre d’Irak : les belles âmes en première ligne…
mais à l’arrière

Toutes les occasions sont bonnes
pour nous donner des leçons de morale

L’Irak est un pays martyr. Il y eut la dictature de Saddam Hussein, l’atroce guerre Iran/Irak, la première guerre du Golfe, le blocus alimentaire – qui, à la satisfaction de l’Américaine Madeleine Albright et du Britannique Tony Blair, tua des enfants par milliers -, l’agression américaine, et pour finir (pour l’instant) l’abomination islamiste de Daech. Ce qui tient lieu d’État récupère difficilement la maîtrise de son territoire et fait passer en jugement les criminels avérés. Un certain nombre d’entre eux ont été condamnés à mort. Aussitôt, glapissements des officines américaines et des belles âmes de chez nous.

les « no border » sont aussi « no limit »

Ce qu’il y a d’intéressant avec ces gens, qui prennent leurs coquetteries pour des convictions, c’est qu’ils sont « no limit ». Capables de s’emparer de n’importe quelle cause pourvu qu’elle leur permette de donner aux masses qu’elles méprisent des leçons de morale. Compte tenu de la profusion récente, on ne va pas dresser une liste, qui aurait rapidement l’épaisseur du catalogue de La Redoute.

En Irak, Daech, qui dispose encore du pouvoir de nuire, a enlevé huit citoyens innocents pris au hasard et réclamé en échange de leur vie la libération des condamnés. Devant le refus du gouvernement irakien, Daech a exécuté les huit innocents et publié la vidéo de leur martyr. Pour mettre fin à ces chantages, les autorités irakiennes ont procédé aux exécutions des criminels condamnés. À partir d’un raisonnement difficilement réfutable : ainsi leurs libérations ne pourraient plus être revendiquée. Ameutées par Libération, toutes les belles âmes de chez nous se sont précipitées pour protester au nom de leurs principes supérieurs, non pas contre l’exécution des otages mais contre celle des condamnés. Dressées sur leurs ergots, brandissant plumes et stylos, elles caquettent en donnant des leçons de morale à un peuple martyrisé. En évitant soigneusement de dire comment il faudrait faire pour protéger les Irakiens. Parce que, quelle est la seule question posée ? Celle de l’arbitrage que doit rendre le gouvernement d’Irak entre la vie d’abominables massacreurs et celle de citoyens innocents. Il a choisi celle des innocents. Et c’est là où le bât blesse pour nos professeurs d’humanisme qui eux prennent le parti du sacrifice de ces derniers au nom du respect des principes à eux qu’ils ont. Et qui sont supérieurs à tous les autres puisque ce sont les leurs !

Petit rappel : l’Irak est un pays en guerre

Reprenons notre sang-froid et, dans le souci du débat démocratique, rappelons-leur d’abord une évidence : l’Irak est un pays en GUERRE. Et que, s’il existe un droit qui organise la façon de la faire, ce n’est pas pour rien. Rappelons-leur aussi quelques petites histoires. Après la bataille de Bir Hakeim, où les Français libres s’étaient distingués, l’Etat-major allemand avait fait savoir qu’il considérerait les combattants français libres faits prisonniers comme des « irréguliers sans uniforme » et qu’ils seraient tous exécutés. De Gaulle avait répondu que si l’armée allemande entendait se déshonorer de cette façon, elle s’exposerait à la réciproque, et que tous les prisonniers allemands subiraient le même sort. Ce qui calma les nazis qui renoncèrent à perpétrer leur crime. Aux yeux de nos petits mondains, Charles de Gaulle est donc un assassin avide de vengeance. Il avait pourtant simplement fait la même chose que Lincoln durant la guerre de sécession, quand les confédérés firent savoir que tout officier yankee, commandant à des troupes noires, et fait prisonnier, serait exécuté. Lincoln fit répondre qu’un même nombre de prisonniers confédérés seraient alors passés par les armes. Et les sudistes firent marche arrière. Plus récemment, les troupes américaines, confrontées en décembre 1944 à la contre-offensive allemande dans les Ardennes, constatèrent le massacre de prisonniers américains par des unités SS à Malmédy. Sans formalité particulière, elles reçurent l’ordre de fusiller tous les SS qui se rendaient. Est-il aussi nécessaire de rappeler l’existence du tribunal de Nuremberg, et des condamnations à mort exécutées des dirigeants nazis ? Ou la pendaison d’Adolf Eichmann en Israël, pays qui avait pourtant aboli le châtiment suprême dès sa création ?

La bonne conscience au prix du sang des autres

Il est en revanche nécessaire de qualifier clairement les choses. Nos faux-humanistes, manipulant leurs arguments boiteux, font plus que renvoyer des belligérants dos à dos, ils font la leçon à ceux qui sont du bon côté, et qui ont subi et subissent encore l’horreur. C’est une attitude que l’on connaît et que l’on peut qualifier de purement pétainiste. Une attitude qui renvoie aussi à celle de ces trotskistes dévoyés qui disaient aux FTP combattants les nazis : « N’oublie pas camarade que, sous l’uniforme SS, il y a un travailleur allemand. »

Il faut le savoir et le dire, nos belles âmes nous font une nouvelle démonstration qu’elles ne sont jamais économes du sang des autres dès lors qu’il s’agit de s’acheter une bonne conscience et de prendre la pose.

Régis de Castelnau
2 juillet 2018

Vu du Droit
Un regard juridique sur l’actualité avec Régis de Castelnau


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