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Le Tribunal populaire ukrainien condamne Poroshenko pour crimes de guerre : la guerre qui ne finit pas
par Karine Bechet-Golovko

samedi 23 juin 2018, par Comité Valmy


Le Tribunal populaire ukrainien condamne Poroshenko
pour crimes de guerre : la guerre qui ne finit pas

Le Tribunal populaire ukrainien, mis en place en mars, vient de rendre son verdict et de condamner par contumace plusieurs dirigeants ukrainiens pour crimes de guerre, notamment Poroshenko. Ce qui ouvre une nouvelle interrogation sur la faisabilité des Accords de Minsk : le Donbass peut-il réellement trouver un accord avec des individus dont les mains sont couvertes de son sang ?

Nous avions déjà parlé il y a quelques mois de la création dans le Donbass d’un Tribunal populaire ukrainien - TPU ( voir notre article ici), qui a pour double mission de collecter et fixer la base de preuves concernant les crimes commis dans le Donbass par le régime post-Maïdan et de juger et transmettre aux juridictions internationales les affaires.

Le TPU vient de reconnaître la culpabilité pour crimes de guerre de Poroshenko, le condamnant par contumace à une réclusion à perpétuité. En dehors de l’actuel Président ukrainien, ont également été reconnus coupables de crimes de guerre le ministre de l’Intérieur A. Avakov, le Secrétaire du Conseil de la sécurité nationale et de la défense A. Tourchinov (dit le Pasteur sanglant), le président de la Rada A. Parouby (un extrémiste atteint de maladie mentale, voir notre texte), le ministre de la Défense S. Poltorak (le Comité d’enquête russe a ouvert une enquête en 2015 contre lui pour avoir donné l’ordre d’utiliser l’artillerie lourde contre des bâtiments civils dans le Donbass, ayant entraîné la mort de civils), le chef de l’état-major V. Moujenko (il dirige l’opération militaire dans l’Est de l’Ukraine), l’ancien Premier ministre A. Yatseniouk (également condamné en Russie pour les crimes commis dans le Donbass, pourtant sans réaction d’Interpol) et l’actuel Premier ministre V. Groïsman.

L’audience s’est tenue sur la place du Théâtre à Lugansk, rappelant en cela l’antique tradition russe des "vetche", les assemblées populaires de l’époque que l’on pourrait qualifier de féodale russe.

Même si ces "jugements" sont plus des actes symboliques politiques que de véritables décisions de justice, ils obligent à deux réflexions autour des Accords de Minsk, que chacun reconnaît, paradoxalement, et en état de mort clinique et devant être réanimés .

En condamnant les dirigeants du régime ukrainien post-Maïdan, les habitants du Donbass refusent la logique de transitional justice , où les deux parties doivent également discuter, se pardonner mutuellement, sans considérations morales. Niant les catégories "victimes" et "bourreaux". Comme si la morale n’était que secondaire, comme si elle n’existait pas. Comme s’il y avait égalité dans la responsabilité.

Les juges de ce TPU ont déclaré préserver les éléments de preuves et les transmettre à la Cour suprême ukrainienne, lorsqu’il y aurait d’autres personnes au pouvoir, afin que de véritables verdicts puissent être prononcés. Cela montre bien qu’aucune discussion sur l’application de ces mythiques accords de Minsk, ou de tout autre accord, ne peut se faire tant que ces individus arrivés grâce au coup d’état et se maintenant grâce à une terreur financée et organisée par des "experts" étrangers, seront en place.

On ne discute pas de la paix tant qu’il n’y a pas de vainqueurs et de vaincus. Les conflits traînent et n’en finissent pas en raison de ces méthodes post-modernes refusant de nommer les conflits par leur nom, ôtant par là même la possibilité de les résoudre, puisque des "processus de paix" interviennent alors même que les parties continuent le conflit - et utilisent ces processus comme un élément de la guerre. Seuls les vainqueurs peuvent lancer les processus de règlement politique des guerres. Mais pour cela, il faut d’abord terminer les guerres.

Karine Bechet-Golovko
vendredi 22 juin 2018

Russie politics


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