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La reconduite des sanctions européennes
et le facteur "Italie"
par Karine Bechet-Golovko

mercredi 20 juin 2018, par Comité Valmy


La reconduite des sanctions européennes
et le facteur "Italie"

Lundi, le Conseil européen a reconduit pour un an les sanctions adoptées contre la Russie en matière économique, liées au rattachement de la Crimée et de Sébastopol. En regardant froidement la situation, il n’y avait aucune raison objective pour qu’il en soit autrement, la situation géopolitique n’a pas évolué et l’arrivée d’un nouveau Gouvernement italien est encore trop fraîche pour inverser cette tendance.

Après le Maïdan et la prise de pouvoir en Ukraine, en 2014, par un régime s’appuyant sur les forces néonazies remettant en cause l’ordre constitutionnel national, la Crimée et Sébastopol ont organisé un référendum pour sortir de l’Ukraine et se rattacher à la Russie. Cette sortie spectaculaire n’a pas été acceptée par la "communauté internationale", disons par les pays satellites de la politique globaliste du président américain d’alors. A la suite des Etats-Unis, l’UE a adopté toute une série de sanctions contre la Russie (dont voici la liste et le calendrier ici).

A chaque échéance, ces sanctions sont renouvelées, voire complétées, par décision du Conseil européen, organe regroupant essentiellement les chefs d’Etat et de Gouvernement des pays membres de l’UE et prenant ses décisions à l’unanimité.Cette fois-ci également, aucune surprise ne s’est produite.

Pourtant, l’arrivée sur la scène politique d’un nouveau Gouvernement italien a provoqué l’espoir d’un changement de donne, d’une possibilité de normaliser, enfin, les relations avec la Russie. Suite aux déclarations du nouveau Premier ministre italien Conte se disant favorable à la révision de la politique européenne des sanctions contre la Russie, une porte s’est ouverte.

Fallait-il pour autant attendre qu’immédiatement l’Italie parte en guerre contre l’UE au nom de la Russie ?

Et pourquoi aurait-elle dû le faire ?

L’Italie mène, dès l’arrivée au pouvoir de ce nouveau Gouvernement d’inspiration nationale, une politique déjà très ambitieuse et très courageuse sur le front de l’immigration. Pour "partir en guerre", car remettre en cause la politique de sanctions antirusses revient à une déclaration de guerre politique, il faut avoir des bases solides. Il n’y a aucun intérêt à mener une guerre où l’on perdra tout dès la première bataille, l’intérêt du pays doit primer. L’Italie renforce ses bases en reprenant possession du pays par la lutte contre l’immigration.

Et sur ce terrain, elle a trouvé un soutien réel et conséquent de la part de Trump. L’Italie réaffirme le caractère non symbolique et contraignant des frontières, ce qui est déjà en soi un crime de lèse-propagande européenne globaliste.

Mais le soutien qu’elle obtient de la part des Etat-Unis de Trump oblige, également, à regarder d’un autre oeil la politique des sanctions européennes contre la Russie. Si Trump s’oppose aux sanctions diplomatiques et politiques, conduisant au retrait de la Russie de G8, au blocage des mécanismes de coopération politique, il a parfaitement intégré le mécanisme des sanctions économiques dans sa politique de défense des intérêts nationaux américains et de relance de l’économie nationale.

Alors, quel intérêt à faire sauter les sanctions économiques ? Pour les Etats-Unis, aucun. Pour l’Italie, il y a intérêt à redévelopper ses exportations. La question qui doit se poser finalement ici serait de savoir ce que les Etats-Unis, par rapport à la Russie, peuvent proposer en la matière à l’Italie, qui fera alors le compte avantages / inconvénients d’un départ en guerre sur les sanctions économiques .

Karine Bechet-Golovko
mardi 19 juin 2018

Russie politics


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