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MÉDINE AU BATACLAN :
LETTRE OUVERTE AUX COLLABOS
par Ambroise de Rancourt

vendredi 15 juin 2018, par Comité Valmy


MÉDINE AU BATACLAN :
LETTRE OUVERTE AUX COLLABOS


Comme à chaque fois que j’ai honte pour mon pays, je suis obligé d’en parler.
Je voudrais donc faire ici une lettre ouverte, que j’appellerai sobrement une « Lettre ouverte aux collabos ». C’était en plus, le terme employé par Charb dans son beau texte, et comme je trouve que la référence est plutôt fiable, je vais m’y tenir.
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Chers collaborateurs,

Tout le monde n’est pas obligé de connaître Médine en détail, son historique, ses fréquentations, l’idéologie qu’il véhicule. Tout le monde n’est pas obligé de savoir qu’il est ambassadeur officiel de l’association « Havre de savoir » qui rassemble le CCIF, Nabil Ennasri, Samy Debah, tout le gratin de l’islamisme, dont il se revendique le plus officiellement du monde comme ambassadeur dans ses concerts, dont il explique qu’ils sont le prolongement de cette action associative.

De même, tout le monde n’est pas obligé de s’intéresser à l’islamisme, ni de s’en inquiéter, ni de se renseigner sur le sujet. Mais je commence à avoir une nausée forte, très forte, insupportable en fait, face à tous ceux parmi vous qui, non seulement ne s’y intéressent pas (et ne savent même pas qui est Nabil Ennasri, ne connaissent absolument rien, du tout, à l’histoire des Frères musulmans), mais en plus prétendent expliquer aux autres qu’ils sont débiles, identitaires, fascistes, hystériques, qu’ils « tombent dans le piège tendu par… », qu’ils « font le jeu du… » etc.

C’est bien beau de vouloir vivre dans l’aveuglement le plus complet sur ce qui se passe dans votre propre pays, et d’écrire des livres qui ont pour titre « Vous n’aurez pas ma haine », mais je crains que ce soit insuffisant.

Petite parenthèse sur ce sujet

Qui n’aura pas, en fait, votre haine ? La question est de savoir ce que vous mettez dans ce « vous », pas de définir si c’est bien, ou mal, de haïr qui que ce soit – au nom, en plus, d’une moraline qui le plus souvent est d’un ridicule consommé. Qui est donc ce « vous » ? Je vais vous dire qui est pour moi, et qui devrait être selon moi, ce « vous », qui non seulement a, mais devrait avoir, notre haine à tous. Ce « vous », ce sont tous ceux qui propagent la justification soft du terrorisme dans les médias, les associations, les conférences, en compagnie selon les jours de sociologues, d’historiens, d’élus locaux.

C’est aussi une partie des « élites » françaises qui sont tellement aveuglées par leur autosatisfaction érudite, qu’elles croient pouvoir balayer tout phénomène identitaire dans un ricanement parisianiste, en convoquant des références universitaires pour expliquer un phénomène qui ne trouve, en réalité, aucune explication intellectuelle efficace dans l’arsenal dont nous disposons.

Ce sont aussi ceux, et je crains malheureusement que notre président appartienne à cette catégorie, qui se refusent obstinément à penser toute problématique sociale en dehors d’un économisme pur et dur, qui se refusent à voir la part d’imaginaire, de mythe et d’irrationalité brute qui habite encore l’espèce humaine. Les revenus et le patrimoine ont depuis longtemps, pour ceux-là, remplacé tout imaginaire collectif. Ils croient pouvoir trouver une solution chiffrée à tous les problèmes de l’espèce humaine, dont ils ont fini par oublier ce qui en fait l’essence (ou alors, il faut raser d’urgence le Louvre et brûler toutes les partitions de Beethoven – je veux bien, il y aurait finalement une certaine logique).

Ce « vous », ce sont les responsables associatifs, les cheikhs des banlieues et des campagnes, qui endoctrinent des petits Français et les envoient massacrer des civils à des milliers de kilomètres, ou sur notre sol.

Ce « vous », ce sont les responsables politiques qui par calcul minable (les mots me manquent, en fait, et je n’ai pas envie d’être vulgaire), croient qu’en flattant ce qu’ils appellent avec condescendance « les quartiers » avec un discours épousant la logique purement victimaire justifiant in fine le terrorisme, les émeutes, les violences quotidiennes, anticipent un retour sur investissement plus ou moins rapide. La réalité est que ces pauvres gens ne se rendent pas compte que ces quartiers, ils ne les « flattent » pas avec ces discours. Ils insultent les gens qui en sont les otages, et qui n’attendent qu’une amélioration de leur situation professionnelle, parfois en vain, pour pouvoir les quitter au plus vite.

Ce « vous », ce sont aussi les nihilistes contemporains qui croient trouver dans l’exaltation barbare non seulement des terroristes, mais aussi de ceux qui remuent ciel et terre dans les médias pour s’en faire, que ce soit dit formellement ou non, les justificateurs, le petit piment qu’ils n’arrivent plus à mettre dans leurs mornes existences dépassionnées d’atomes sociaux 2.0, sans autre horizon que leurs dîners consanguins entre « élites » (à prendre dans le sens péjoratif que Bernanos a donné à ce terme, pour l’éternité, évidemment).

Il n’y a plus d’élites

La vraie leçon de tout ça, c’est qu’il n’y a plus, ou presque plus, « d’élites ». Le sommet de l’Etat nomme Yassine Belattar à l’Elysée. Les riches font sécession et se barricadent dans des ghettos friqués, histoire de pouvoir continuer à vivre dans leur entre-soi tapissé de déni de réalité (excellente étude de la Fondation Jaurès sur le sujet). Et depuis ces ghettos, ils collent avec frénésie des étiquettes, rigolent grassement du cul-terreux de province qui, lui, vit dans la peur, non seulement économique, mais identitaire aussi, qui n’a pas lu Bourdieu (heureux soit-il, NDLR). Lui qui est contre le Progrès, ce gueux, parce qu’il n’est même pas foutu d’habiter dans une métropole connectée.

Maintenant qu’on sait qui est ce « vous », reste à savoir qui est Médine. Médine n’est pas un « modéré », ni un artiste, c’est un propagandiste qui pose fièrement avec sa petite fille voilée du menton aux yeux, destin que je ne souhaite à aucune petite fille, ni aucune femme, au monde. Je sais, c’est un peu polémique et insultant, comme prise de position, naturellement. Médine, c’est quelqu’un qui appelle à enterrer la laïcité, qui aimerait « lancer des fatwas contre les cons ». Qui appelle à l’action communautaire musulmane, en permanence, contre un Etat islamophobe et, c’est évident, structurellement raciste. A cet égard, lire dans Le Monde que « la droite et l’extrême-droite demandent l’interdiction du concert de Médine », érigé en victime expiatoire des paniques identitaires de trois fachos, est non seulement abject, mais aussi criminel. Par peur de lutter avec détermination et sans ambiguïté contre toutes ces manifestations, qui sont des produits dérivés de l’idéologie de Daesh au même titre que les McDonald’s sont des outils du soft-power américain, on arrive au résultat suivant, fabuleux : les musulmans sécularisés, dont je persiste à penser qu’ils sont l’immense majorité de nos compatriotes se réclamant de cette religion, compatriotes que je place exactement au même niveau, identique, de fraternité que quiconque est né dans mon pays, ces compatriotes se trouvent sans maison idéologique. Puisque les médias et le pouvoir en place leur expliquent par action ou par omission qu’en fait, les « modérés », ce sont Médine, le CCIF, le Havre de savoir. Ce sont tous ces gens qui s’emploient à distiller un discours mettant la religion au-dessus des lois terrestres, par diverses voies et moyens. Intellectuellement, c’est comme si un père de famille expliquait à ses enfants que l’inconnu qui vient de le tabasser en pleine rue devant eux est en fait dans son bon droit.

Et vous, face à cela, vous offrez le visage triste et pathétique d’une société éclatée, qui ne croit tellement plus elle-même ou en sa capacité à construire quoi que ce soit de durable, qu’elle préfère se démolir seule, par sa passivité. Par sa faculté, surtout, à bâtir des édifices théoriques boiteux qui finissent par vous faire dire, après de longs accouchements « intellectuels » qui remplissent les pages et les écrans, que le barbare n’est en fait pas un barbare. Que le méchant n’est, en fait, pas un méchant. Que la réalité est un fantasme. Que le danger, ce n’est pas celui qui veut nous détruire, c’est nous, qui ne voudrions, si possible, pas trop nous laisser détruire, s’il vous plaît, si on en a encore le droit.

Le raisonnement, qui est le comble du nihilisme de notre époque, finit par être celui-ci : « Si pour ne pas me laisser détruire, je dois heurter la sensibilité de qui que ce soit, alors je préfère me laisser détruire ». Il y a une belle phrase de De Gaulle, là-dessus : « La France et le monde sont dans une situation où il n’y a plus rien à faire et en face des appétits, des aspirations, en face du fait que toutes les sociétés se contestent elles-mêmes, rien ne peut être fait. » (Entretiens avec M. Debré, 1961-1969).

Vous, les nouveaux collaborateurs, comme les anciens, vous vous « contestez vous-mêmes ». Vous ne savez tellement plus qui vous êtes, que vous préférez consacrer furieusement toute votre énergie à justifier votre propre lâcheté, vos propres renoncements. Les collabos de la Seconde guerre aussi, expliquaient qu’ils étaient plus malins que le nazisme, qu’ils le prenaient à son propre piège en « faisant son jeu », et qu’une fois le peuple français régénéré par cette salutaire bouffée d’oxygène venue d’Allemagne, ils ne feraient qu’une bouchée de l’envahisseur. On connaît la suite.

Les commentateurs moralisants du désastre

Il me semble assez urgent, pour vous, d’apprendre à faire le tri intellectuel au sein de cet autre « vous » dont je parlais tout à l’heure.

C’est bien beau de vouloir sortir de l’histoire avec un grand H, c’en est une autre de vouloir empêcher tous les autres d’y rester. Le défi que nous devons affronter, et auquel vous refusez de faire face, ce n’est pas un « choc des civilisations », c’est une attaque supplémentaire, comme l’est le capitalisme financier tel qu’il se déploie depuis trente ans, contre notre modèle de société. C’est sans doute fatigant de se battre pour essayer d’y répondre, épuisant, même. On y perd des amis, du temps, des moments d’insouciance aussi. Mais la moindre des choses, si vous ne voulez pas participer : ne mettez pas de bâtons dans les roues de ceux qui essaient chaque jour de s’y coller. Ou alors faites-le, mais ne venez pas pleurer quand, dans quatre, puis neuf, puis quatorze ans, le seul choix qui s’offrira à vous sera un duel entre le FN et le néo-libéralisme que vous conspuez chaque jour, parce que vous aurez montré par votre naïveté, votre faiblesse et votre arrogance d’élites qui n’en sont plus, que vous êtes incapables d’embrasser l’ensemble des problèmes qui sont, que vous le vouliez ou non, ceux du peuple aujourd’hui. L’islamisme en fait partie, ses vecteurs « soft » aussi.

Ça ne vous plaît peut-être pas, mais si vous voulez devenir autre chose que de pathétiques petits commentateurs moralisants du désastre, il va falloir vous y faire et peut-être, on peut rêver, vous retrousser les manches.

Bien amicalement.

Ambroise de Rancourt
12 juin 2018

Vu du Droit
Un regard juridique sur l’actualité avec Régis de Castelnau


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