COMITE VALMY

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Un billet d’humeur (si, si, bonne) :
Le G7 est mort, que faire d’un G6 ? Rien
par Karine Bechet-Golovko

mardi 12 juin 2018, par Comité Valmy


Un billet d’humeur (si, si, bonne) :
Le G7 est mort, que faire d’un G6 ? Rien

Avec sa décontraction et sa violence habituelles, le Président américain vient d’écraser sous son talon le G7, face à une UE déconfite et trop faible pour réagir, un Canada dépassé et un Japon qui renforce ses liens avec la Russie. Pendant ce temps, l’Organisation de coopération de Shangaï, réunie en Chine, annonce une santé de fer. Que faire d’un G6 qui n’intéresse personne ? Le modèle global mis en place par les Etats-Unis à la fin de la Seconde Guerre mondiale s’écroule sous nos yeux. Les Etats-Unis modifient les règles du jeu. Finalement, ce ne sont pas les Etats qui auront fanatiquement tout sacrifié au culte des "nouvelles technologies écologiques" qui auront leur place demain, mais ceux qui, appuyés sur une nation solide, auront la puissance de négocier.

Le G7 s’annonçait difficile, il fut fatal. Malgré des négociations particulièrement tendues, Trump a donné un contre-ordre : ne pas se joindre au communiqué final, Trudeau n’ayant pas suivi les règles du jeu. Le G7 s’est alors immédiatement transformé en G6, puisque la crise n’est pas conjoncturelle, mais essentielle. Les Etats-Unis remettent en cause les règles du jeu. Les règles qu’ils avaient imposé eux-mêmes alors, des règles qui ne leur sont plus favorables, qui coûtent chèr à l’économie américaine, à la société, aux entreprises, donc aux citoyens.

Et la presse américaine ne s’y trompe pas en titrant sur la remise en cause par Trump de ce qui est maintenant "l’ancien modèle", le modèle global, qui n’est plus bénéfique pour l’économie américaine.

Le Washington Post s’intéresse aux anciens alliés des Etats-Unis, ces pays satellites pourtant si dévoués à l’ordre global américano-centré, que justement Trump ne veut plus payer, il préfère régler les problèmes de sécurité de manière bilatérale, entre Etats souverains, comme avec la Corée du nord.

Mais combien reste-t-il encore d’Etats souverains ? La mondialisation fonctionnait au prix du renoncement des pays à leur souveraineté en contrepartie d’une protection américaine, payée par la priorité des intérêts stratégiques américains. Or, comme le titre le New York Times, c’est ce monde que Trump détruit.

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Le message est répété, également en ce qui concerne l’OTAN :

Or, les nouvelles règles que Trump veut imposer supposent des Etats souverains et des dirigeants réels, non fictifs, aptes à se battre pour défendre l’intérêt de leur pays. Combien en reste-t-il aujourd’hui ?

Les pays du G7, incapables de s’adapter à cette nouvelle réalité, fossilisés dans l’ordre de l’après-guerre, tentent un G6. Ou un G6+1. Bref, un monde global sans les Etats-Unis. Car la globalisation hors-sol, comme une horde de parasites, a quand même besoin d’un corps et ce grand corps américain vient de les trahir. Ils sont face à une alternative : soit Trump n’est pas réélu pour un second mandat et ils ont une chance de survivre, soit il est réélu et doivent transférer le corps de la globalisation ailleurs. Mais où ? La seule solution est l’UE, mais le corps est étroit et faible. Très régional, sans défense, sans moyens d’action, réduit pour une globalité.

Mais c’est aussi pour éviter ce risque de résurgence de ce qui est l’ennemi premier de Trump, la globalisation, qu’un tournant en politique internationale a été pris par les Etats-Unis. L’on se rappellera l’ambassadeur américain en Allemagne déclarer que désormais ils soutiendront les mouvements de droite. Choc. Mais pas "choc" qu’il y ait un soutien extérieur, ces mouvements de gauche sont arrivés ainsi au pouvoir, choc de la rupture idéologique, de ne plus être entretenus. Trahison après tant de services rendus. Et tant de services qu’ils sont encore prêts à rendre.

L’enfant chéri de la nouvelle Amérique pourrait ne plus être l’Allemagne, ni la France, mais l’Italie. La nouvelle Italie, qui revendique une souveraineté au sein de l’UE. Qui revendique une Europe des Etats, ayant droit à leurs intérêts stratégiques. L’Italie, qui peut être le maillon faible de l’UE. Mais un pays dans la ligne de mire, que l’UE va tenter à n’importe quel prix de transformer sur le modèle Tsipras. Alors, l’intervention de Trump soutenant officiellement ce nouveau gouvernement va lui donner du poids.

La crise de l’UE est bien ici. Elle est trop petite pour assumer seule la mondialisation, qui deviendrait régionale. Elle est trop faible pour défendre ce qui devient "l’ancien modèle". Elle est dépassée pour en proposer un autre, qui satisfasse les intérêts des pays membres.

Et face à cette crise, l’on a pu assister à la réunion des pays de l’Organisation de Shangai, réunion très constructrice entre pays qui défendent leurs intérêts propres. Deux mondes qui s’affrontent. L’un qui se dépérit, l’autre qui se relève. Et l’excellent réaction du porte-parole du Kremlin concernant la proposition de réintégrer la Russie dans le G7 : la Russie a aujourd’hui d’autres priorités.

Karine Bechet-Golovko
lundi 11 juin 2018

Russie politics


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